Critique : Oliver Twist

Critique : Oliver Twist

Trois ans après le succès du Pianiste, palme d’or à Cannes en 2002, Roman Polanski revient avec Oliver Twist, adaptation du classique de Charles Dickens.


Ne cherchant pas à faire d’un classique connu par tous une œuvre originale, le scénario adapte fidèlement le livre, son intrigue et son ambiance. On suit donc le jeune Oliver Twist, orphelin passant de familles d’accueil en orphelinats et traversant toutes les classes sociales de l’Angleterre victorienne. Poussé à bout, il décide de s’enfuir à Londres. Il tombe alors dans les griffes d’une bande de jeunes voleurs menés par un vieillard. Oliver, déboussolé, ne voit pas le mal dans ces activités. Fagin l’ancien et le jeune Artful Dodger se révèlent alors comme les deux figures principales du film. Délaissant le personnage qui donne son nom à l’œuvre, le scénario suit pendant de longs passages les affaires des deux bandits. Oliver Twist est l’enjeu principal du film mais est de plus en plus souvent absent au fur et à mesure de l’avancée du film.

Oliver Twist
Roman Polanski hiérarchise de façon discrète mais efficace ses personnages. Le jeune innocent subit, sa petite taille le renvoie dans des coins de l’image, écrasé par les silhouettes des adultes. Artful Dodger, personnage classieux en pleine ascension, est doté d’un visage enfantin et d’une silhouette d’adulte, habillé comme les hommes de l’époque. Son chapeau haut-de-forme l’attire vers le haut tout comme son ambition. Fagin est son exact contraire. Dépassé, le vieillard s’attendrit devant Oliver. Tout chez lui l’attire vers le bas, de sa silhouette courbée à sa barbe tombante. Par de petits éléments de mise en scène, Roman Polanski montre qu’il maîtrise son sujet, sans en faire trop. Tout est fait pour servir l’histoire. Cherchant à humaniser ses personnages vagabondant dans la foule des rues anglaises, il les filme en travelling ou en panoramique assez proches d’eux.

Oliver Twist
Le traitement des scènes d’intérieur va lui aussi dans le sens d’un récit plus intimiste, proche des personnages, avec des tons chauds. Les décors, les costumes ou les lumières témoignent d’une grande maîtrise technique. La musique, classique mais efficace, complète cet ensemble en donnant son ambiance, tout de même assez glauque, au film. Bien sûr, le résultat reste d’une facture très classique mais efficace. Les rares scènes de vol se démarquent. Leur chorégraphie ludique apporte une bouffée d’air en nous rapprochant des personnages plutôt négatifs. Par la concentration de son récit sur Fagin, homme sévère même s’il est fondamentalement faible, plutôt que sur les états d’âme d’Oliver Twist, Roman Polanski évite le surplus de sentiments et arrive à introduire les émotions aux bons moments, en ramenant l’orphelin au premier plan. Même si Roman Polanski ne révolutionne rien avec ce film, il prouve que l’on peut faire un film classique de qualité. La psychologie des personnages et la gestion des émotions sont mises en avant avec finesse et intelligence, suffisamment pour s’écarter radicalement de ce qu’aurait pu être le film réalisé par un cinéaste plus « Hollywoodien »…
 
Publié le 21/10/2005 par Yannick Gallepie

» IMAGES
Critique : Oliver Twist
Critique : Oliver Twist
Critique : Oliver Twist
Critique : Oliver Twist
Critique : Oliver Twist
Critique : Oliver Twist
Critique : Oliver Twist
Critique : Oliver Twist
» Plus d'images...

Verdict
Une adaptation d’Oliver Twist classique mais réussie. Sans grande innovation, le film parvient toutefois à être émouvant et retranscrit parfaitement l’ambiance du livre de Dickens.
7/10



Newsletter | Webmaster | Aide | Publicité/Contacts

Réseau PRESSELITE : JeuxFrance | Cinema-France | EnregistrerSous | PokémonFrance

Partenaires : Achat en ligne | Ensembles Home Cinema | Netvibes



CINEMA-FRANCE.COM V 1, Magazine du Cinéma, des DVD et des Séries TV. Copyright © 2005-2008 CINEMA-FRANCE.COM, toute copie intégrale ou partielle est interdite. Les images sont Copyright © par leurs propriétaires. CINEMA-FRANCE.COM est édité par la société PRESSELITE.