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Critique : Saint-Jacques... La Mecque |
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Coline Serreau prend son paquetage et nous emmène en pèlerinage direction Saint Jacques… La Mecque.
Après Diane Kurys et L’Anniversaire il y a peu, voici un autre film choral avec ce Saint-Jacques… La Mecque réalisé par Colinne Serreau. Nous voici donc avec deux frères et une sœur, interprétés par Artus de Penguern, Jean-Pierre Darroussin et Muriel Robin, qui doivent faire le pèlerinage jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle ensemble, condition sine qua non pour toucher l’héritage laissé par leur mère décidée. Ils se joignent à un groupe de six autres pèlerins dont un beur qui fait croire à son ami un peu naïf qu’ils vont à La Mecque alors qu’en fait, il s’agit juste d’une excuse pour qu’il puisse accompagner la fille qu’il aime. Commence alors un long périple pour ces gens pas forcément habitués aux longues randonnées.
La démarche de Coline Serreau est bourrée de bonnes intentions et on n’en doute pas une seule seconde. Elle traite dans son film de problèmes d’intégration, de racisme, d’éducation, de religion, de maladie et va jusqu’au thème récurrent de l’amour. Tout cela est louable et parfois bien vu, et certaines situations sont réussies comme lorsque Muriel Robin critique ouvertement l’Eglise et ses dysfonctionnements. Mais la réalisatrice s’attaque à beaucoup trop de problèmes pour pouvoir les traiter de façon approfondie. Toutefois, le vrai problème du film se situe plutôt au niveau du choix de la mise en scène. On reconnaît bien son style de filmer les gens au plus près, souvent caméra à l’épaule et ça ne dérange pas vraiment. Là où on ne la suit pas, c’est dans sa décision d’illustrer les phobies et les craintes de ses protagonistes par des rêves constitués d’effets spéciaux moyens et baignants dans un surréalisme qui tranche avec le reste du film. Ces scènes métaphoriques sont souvent assez ridicules et incompréhensibles.
Outre ceci, l’histoire en elle-même ne comporte pas de vraies surprises et l'on a droit tout au long du pèlerinage à des disputes convenus (quoique soulignés par des dialogues souvent drôles), des prises de conscience ou des rapprochements de circonstance. Si l’aventure demeure sans véritables remous, elle est heureusement relevée par une galerie de personnages sympathiques, tous bien interprétés. Mettons en tête de liste l’inénarrable Artus de Penguern, parfait en riche homme d’affaires chiant et plutôt fainéant, qui trouve la moindre excuse pour râler. On trouve en face de lui la principale raison des engueulades en la personne de Muriel Robin, qui a toujours une certaine aisance pour débiter des phrases dont le côté comique ressort facilement. A leurs côtés, Jean-Pierre Darroussin effectue une performance appréciable du frère chômeur de longue durée accro à la bibine, et Pascal Légitimus hérite d’un rôle limité en sa qualité du guide du groupe mais s’en sort plutôt bien. Voilà pour les têtes d’affiches mais il serait injuste de ne pas parler de leurs petits camarades d’escapade. Le duo de jeunes beurs ne tombe jamais dans la caricature, le plus jeune des deux, naïf et illettré, effectue une performance toute en sobriété et rend son personnage attachant. L’amourette entre le plus âgé et la française un peu plus aisée est quant à elle un peu plus caricaturale et sans réelle passion. Bref, voilà un film qui brasse un peu trop de thèmes mais dont les acteurs ont un plaisir assez communicatif.
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Publié
le 20/10/2005 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Colinne Serreau traite de beaucoup (trop) de problèmes à la fois dans cette comédie qui souffre d’une mise en scène assez bancale mais qui est maintenue à flots par une troupe de comédiens sympathiques. |
5/10
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