Critique : The Descent

Critique : The Descent

Le réalisateur de Dog Soldiers décide d’envoyer un groupe de femmes en spéléologie dans une grotte infestée de bestioles. Un conseil : cramponnez-vous !


On avait quitté le dernier film de Neil Marshall, jeune réalisateur anglais de 35 ans, en se disant qu’il avait d’indéniables qualités de bon artisan du cinéma d’horreur. Ce film, c’était le très idiot mais très jouissif Dog Soldiers où des gars de l’armée se retrouvaient aux prises avec une meute de loups-garous pas très sympathiques. Les fans de cinéma d’horreur avaient néanmoins de quoi apprécier et l’on attendait impatiemment de voir ce qu’il allait nous pondre pour son prochain métrage. Nous voici donc en compagnie d’un groupe de femmes de la trentaine qui décident de se faire une sortie spéléologie histoire de renouer des liens fragilisés par la perte d’êtres chers un an auparavant. L’avancée dans ces grottes souterraines se fait à vitesse réduite, en passant par des failles de plus en plus étroites jusqu’au moment où un éboulement bloque la voie par laquelle elles sont arrivées. Pas d’autre solution donc que de continuer et trouver une autre sortie. D’obstacles naturels en crises de panique, elles vont arriver jusqu’à un endroit où se terrent d’étranges créatures hybrides qui n’ont qu’une seule idée en tête : les chasser et les dévorer.

The Descent
On se demandait depuis un bon moment quand est-ce qu’on aurait droit à un vrai bon film d’horreur adulte et non pas un film formaté pour ados où chaque scène censée faire peur est appuyée par des effets sonores qui font « bouh ! ». Et bien, le voici enfin ! Après son Dog Soldiers sympa mais pas très fin, Neil Marshall a cette fois-ci soigné son scénario. Il fait preuve dans ce film d’une maîtrise impeccable de sa mise en scène, faisant monter la tension petit à petit, en prenant tout son temps pour poser son histoire, et pour laisser à ses héroïnes le temps de se préparer et de commencer cette expédition tranquillement. Une fois sous terre, les événements s’enchaînent implacablement. L’évolution psychologique des personnages est parfaitement maîtrisée et l’angoisse monte crescendo dès lors qu’elles se retrouvent coincées. Certaines personnes vont logiquement commencer à être tendues. Mais ce n’est rien comparé à ce qui les attend un peu plus loin : des créatures mi-Gollum mi-vampires qui ont visiblement très faim.

The Descent
C’est à ce niveau que l’on peut apprécier la maîtrise du réalisateur. Profitant de la promiscuité des lieux et de l’obscurité naturelle, il sème l’angoisse à petite dose au début de l’expédition par quelques bruits sourds par-ci par-là jusqu’à ce que ses monstres apparaissent à l’écran. Là, la rupture est totale, la férocité s’empare du film et le spectacle, gore, peut commencer. C’est certainement à partir de là que les âmes sensibles auront du mal à ne pas détourner les yeux de l’écran devant cette violence barbare et très réaliste. La grande réussite de Neil Marshall est d’avoir réussi à faire monter la sauce jusqu’à un tel niveau que ce final sanguinolent est une sorte de défouloir jouissif où toute l’angoisse accumulée jusque là ne retombe jamais, les protagonistes étant toujours à la merci d’une attaque sournoise de leurs hôtes dans ce réseau de tunnels. Les bêtes, vivant sous terre depuis un bon moment, n’ont qu’une idée : se nourrir de cette chair fraîche qui a bien voulu se déplacer jusqu’à eux. Neil Marshall n’hésite pas à laisser sa caméra nous montrer quelques plaies ouvertes et autres éviscérations qui feraient presque passer le remake déjà saignant de Massacre à la tronçonneuse pour une agréable comédie romantique.

The Descent
On ne s’était point exalté depuis longtemps devant une telle maîtrise de la peur, ou plutôt des peurs, car il y a fatalement la peur des monstres mais également des peurs primaires qui ressurgissent telle la claustrophobie. Neil Marshall a visiblement été biberonné devant de grands classiques et nous le montre, quelques scènes faisant clairement référence à Carrie ou encore à Evil Dead. Les seuls petits défauts concernent peut-être les personnages, par moments limite caricaturaux, notamment le personnage principal qui passe un peu vite du statut de femme fragile à celui de dégommeuse de bestioles sans pitié.
 
Publié le 15/10/2005 par Cyril Perraudat

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Verdict
On nous promettait une expérience unique et nous n’avons pas été trompés sur la marchandise. The Descent est un film maîtrisé de bout en bout, qui met les nerfs à rude épreuve et qui ravira les amateurs de gore. Un des meilleurs films d’horreur depuis un bon moment.
8/10

» INFO FILM
The Descent
Nom: The Descent
Réalisateur(s) :
Neil Marshall
Acteur(s) :
Alex Reid
Molly Kayll
MyAnna Buring
Natalie Jackson Mendoza
Nora-Jane Noone
Saskia Mulder
Shauna Macdonald
Producteur(s) :
Christian Colson
Société(s) de production :
Celador Films
Scénariste(s) :
Neil Marshall
Compositeur(s) :
David Julyan
Genre: Horreur
Sortie FR: 12/10/2005
Sortie US: 08/2006
Sortie DVD: 20/04/2006
Classification : Interdit aux moins de 16 ans
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