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Critique : Frankie Wilde |
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Michael Dowse, réalisateur totalement inconnu en France, réalise Frankie Wilde. Un faux documentaire, une vraie réussite…
A Ibiza, Frankie Wilde est un Dieu vivant. Y mixant pour la onzième année consécutive, il en profite un maximum. Il se drogue, boit beaucoup, forme un couple très libéré avec sa femme. Jusqu’au jour où l’inimaginable arrive, le DJ perd peu à peu son ouïe. Une lente descente aux enfers commence alors pour lui. Le récit prend la forme d’un faux documentaire, genre assez rare dont quelques uns des plus grands exemples sont Spinal Tap ou encore Forgotten Silver de Peter Jackson. Le réalisateur donne tout de suite le statut de mythe à son personnage principal en ne l’interviewant pas. Tout le monde parle de lui, il est inapprochable. Pour répondre aux questions se bouscule une foule de DJ’s admiratifs, pour la plupart réels comme Carl Cox. Cette réunion d’artistes est un des premiers éléments qui rend ce film sympathique. Le métrage commence comme une critique acerbe et drôle du milieu d’Ibiza, de ses mœurs, des interviews où l’on répond, subjugué, qu’on adore les tongs… Le résultat est décalé, surréaliste comme cet ours en peluche géant le nez plein de coke qui harcèle notre héros. Le ton est très anglais, rappelant Shaun of the dead (Paul Kaye y tient d’ailleurs un rôle non-crédité), avec cet humour un peu trash où le personnage se vautre dans l’alcool et la saleté.
Là où le faux documentaire est une réussite, c’est dans la sympathie énorme qu’on finit par porter à cet anglais totalement défoncé. Tout autant qu’à l’excellente interprétation de Paul Kaye, qui semble tout à fait naturel dans ce rôle. On se prend au jeu de cette descente aux enfers puis de ce miracle, de cette victoire sur l’handicap que la télévision essaie si souvent de nous vendre. Les intervenants parlent avec une telle franchise, une naïveté touchante, comme ce producteur qui nous avoue ses intentions les plus basses. Ces interviews sont suivies d’image de la vie de Frankie Wilde, sans voix-off. On ne nous explique jamais d’où viennent ces enregistrements, on n’essaie jamais de justifier leur véracité. Malgré un montage et une réalisation qui, sans être tape à l’œil, ne se cachent pas vraiment, l’esthétique documentaire de ces images suffit à nous faire entrer dans le jeu. Frankie Wilde devient agréable parce qu’il ne cherche pas à l’être, parce qu’il n’est pas comme tant de héros policés. La ressemblance avec Kurt Cobain, frappante sur quelques plans et dans son refus de devenir un symbole commercial, y est peut-être pour quelque chose. Il est touchant dans sa bêtise en quelque sorte, dans son refus de voir la vérité en face, en grand enfant au nez plein de coke.
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Publié
le 12/10/2005 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Michael Drowse réussit le tour de force de mêler humour un peu trash et récit touchant, en dosant assez bien le tout pour que ça ne soit jamais indigeste. Touchant et drôle. |
7/10
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