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Critique : Revolver |
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Après le navrant A la dérive avec sa Madonna d’épouse, Guy Ritchie revient au genre qui l’a fait connaître, le film de gangster, avec ce Revolver enrayé.
Il suit le personnage de Mr. Green, truand à Las Vegas qui a appris en prison les tactiques de l’arnaque et des échecs. Après quelques années où la mise en pratique de ces théories est une grande réussite, on lui annonce qu’il ne lui reste plus que trois jours à vivre. Commence alors un drôle de chantage entre ce condamné à mort et deux inconnus. Le récit se transforme en film choral de gangster rappelant un certain Quentin Tarantino (Mr. Green, nouveau personnage de Reservoir Dogs ?). Vaguement sympathique, il y manque toutefois quelque chose pour être réussi. Dans cette optique, le choix d’André Benjamin, chanteur du groupe Outkast incarnant la classe naturelle, est judicieux. L’ambiance musicale est jouée par une basse funky, qui laisse sa place à des morceaux de musique classique par moment. Un travail sur la temporalité s’instaure mais apparaît vite insignifiant. Ritchie tente d’incorporer des citations et des répliques fortes mais sans grande réussite.
Mais Guy Ritchie veut se détacher de ce modèle qui était le sien pour ses précédents films de gangster. Et là, c’est le drame. Deux scènes d’action vite expédiées où il se contente de bouger la caméra dans tous les sens pour montrer qu’il s’agit d’une caméra épaule, et le voilà arrivé dans le cœur de son film. Scénariste et réalisateur, il nous livre une œuvre toute personnelle sur laquelle le producteur Luc Besson ne semble pas avoir influencé. L’humour y devient purement involontaire avec des répliques dignes d’un Steven Seagal. L’histoire se révèle tout simplement incompréhensible. Des longues scènes d’explication d’arnaques perdent totalement le spectateur qui doit, de plus, faire face à un passage au niveau métaphysique de la réflexion de Ritchie. Les innombrables dialogues des scènes les plus bavardes vues depuis Matrix Reloaded nous emmène dans un méli-mélo psychophysiologique. Le scénario tourne au grand n’importe quoi rébarbatif.
Malheureusement, le scénariste est aussi le réalisateur, et nous voilà donc projeter dans un fourre-tout visuel. Guy Ritchie nous sort sa série d’effets tape à l’œil tel le rewind ou la scène en animation. Mais très loin de la maîtrise d’un Tarantino ou d’un Avary sur Les lois de l’attraction, il ne saisit à aucun moment la portée symbolique de ses effets. Il ne les fait que pour montrer qu’il sait faire, et ne les justifie à aucun moment. Alors que la voix-off s’acharne sur nos oreilles en nous livrant sa réflexion philosophique, le réalisateur nous assène soit de flash-backs démonstratifs, soit des pires tiques de réalisation de clips. Oubliant les modèles récents qui ont ouvert la voix à ce qu’il tente de faire, son montage est directement inspiré de clips comme ceux de la réalisatrice Sigismondi (Marilyn Manson, The cure…) sans se douter que ce qui rend très bien en musique tombe dans le ridicule ici.
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Publié
le 04/10/2005 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Guy Ritchie semble être un grand naïf, croyant à son sujet dur comme fer. N’hésitant pas à lorgner sur des références de hauts niveaux, son œuvre ambitieuse est incompréhensible lorsqu’elle veut se donner de la constance. Guy Ritchie se prend pour David Lynch et le résultat est un échec. |
4/10
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