Pour son premier film, Vincent Garenq décrit le périlleux parcours d'un homosexuel pour adopter un bébé.
Ancien élève de la Fémis,
Vincent Garenq, après avoir réalisé de nombreux documentaires et quelques courts-métrages, a choisi, pour son premier long, un sujet « casse-gueule » : l'homoparentalité. Il s'en sort plutôt bien, sa comédie réussissant à être à la fois divertissante (l'action rebondit sans cesse) et sensible (le traitement y est particulièrement délicat).
Garenq manie avec dextérité un mélange doux et plaisant d'humour et d'émotion. Fort de ses situations et de ses dialogues habiles et ciselés (qui tendent parfois vers une loufoquerie contraire à celle d'un
Pédale douce par exemple), le réalisateur traite son sujet social d'une actualité « brûlante » avec une légèreté qui évite l'ennui et ne songe qu'à distraire.
Emmanuel (
Lambert Wilson, magnifique) est en couple avec Philippe (
Pascal Elbé) depuis de longues années. Mais Emmanuel a, depuis quelques temps, une obsession : il veut un bébé. Et Philippe n'en veut pas. Après la séparation des deux hommes et de nombreuses tentatives pour obtenir l'enfant en question, Emmanuel va proposer à une rencontre fortuite, Fina, de porter son enfant. Fina acceptera-t-elle la proposition d'Emmanuel ?
Ceci n'est que le départ d'un scénario dont le tour de force est de jouer avec les revirements de situation et les renouvellements de problèmes auxquels les protagonistes vont devoir, tour à tour, faire face. Ce qui est plus dommageable, c'est que, sous une sincérité dont il est impossible de douter et une volonté de laisser les préjugés de côté,
Garenq n'arrive pas à abolir tous les clichés liés à l'homosexualité. Les hommes y lisent « Tétu », possèdent des livres de Pierre et Gilles et craignent forcément la séropositivité lorsqu'ils font des prises de sang. Pire,
Gareng, en tentant une ode à la liberté parentale, n'échappe pas à une certaine démagogie (l'homosexuel joué par
Lambert Wilson s'y révèle finalement bisexuel, histoire de faire passer la pilule auprès du public hétérosexuel).
Cependant ne boudons pas notre plaisir, malgré ses défauts (la mise en scène est on ne peut plus sage et convenue),
Comme les autres est une bonne surprise car il évite à tout pris le pensum social en prônant l'ouverture et l'acceptation des différences. En plus de passer un très bon moment, on a le plaisir de retrouver
Anne Brochet (malheureusement sous-employée au cinéma et pourtant irrésistible ici) et de découvrir une jeune actrice espagnole épatante, Pila Lopez de Ayala, qu'on retrouvera dès le 10 septembre dans le film de
Jose Luis Guerin,
Dans la ville de Sylvia. Alors, pourquoi pas ? Des défauts, oui mais aussi de grandes qualités pour cette intelligente distraction qui se place plus haut que beaucoup d’autres films sur l’échelle de la production française.