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Critique : Entre ses mains |
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Premier film « sérieux » pour Benoît Poelvoorde qui officie avec talent aux côté de la radieuse Isabelle Carré.
Quand un comique se met à faire du sérieux, on attend forcément ça de pied ferme. Après José Garcia et son Couperet pour ne citer que lui, c’est cette-fois au grand clown belge qu’est Benoît Poelvoorde de s’essayer au drame. On suit donc, dans ce nouveau film d’Anne Fontaine, Claire Gauthier (Isabelle Carré), qui travaille pour une société d’assurance et qui s’occupe du dégât des eaux de Laurent Kessler (Benoît Poelvoorde), un vétérinaire. Laurent est un dragueur qui collectionne les femmes et qui n’a jamais vraiment eu d’histoire d’amour. Cela va changer avec Claire, qui est une femme qui l’attire beaucoup bien qu’elle soit mariée. Celle-ci commence à tomber peu à peu sous le charme de cet homme mystérieux et commence à faire le rapprochement entre lui et un serial killer qui sévit depuis quelques temps.
Autant le dire tout de suite, le film d’Anne Fontaine n’a rien de surprenant dans son récit, dont le déroulement se veut assez classique et linéaire, avec cette histoire de femme qui a une petite vie de couple bien rangée et dont une personne extérieure va venir bouleverser ses habitudes. Et Isabelle Carré est d’ailleurs tout à fait idéale dans le rôle. Son attitude assez froide et coincée, ses tenues vestimentaires strictes en font la parfaite petite femme bien installée dans sa petite vie stable et sans remous. L’actrice, qui fait partie désormais des grands noms du paysage cinématographique français, réalise une interprétation à fleur de peau et réellement touchante, de cette femme donc assez classique qui va se perdre dans les sentiments qui la tiraillent et qui va être irrésistiblement attirée par cet homme dont elle ne sait rien. Le duo qu’elle forme avec Benoît Poelvoorde est d’ailleurs l’attraction principale du film, les deux acteurs portant sur leurs épaules un métrage qui aurait pu être finalement banale. Mais non, on ne tombera point dans la banalité car ce couple-là est véritablement épatant.
Pour donner la réplique à Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde joue donc ici à total contre-emploi, dans une interprétation toute en retenue, où le malaise de cet homme un peu paumé ressort parfaitement. L’histoire d’amour et l’attirance réciproque qu’éprouvent les deux protagonistes se révèle des plus sincères et des plus troublantes. Tout cela ést parfaitement servi par la mise en scène toute en sobriété d’Anne Fontaine, qui filme ses comédiens avec amour, avec des cadrages mettant en valeur les expressions de ces deux personnes assez troubles, souligné par une musique et des décors soignés. L’histoire du tueur en série est donc ici plus un prétexte à instaurer une intrigue pas forcément très inspiré, mais finalement indispensable pour conserver le trouble et l’incertitude qui entourent Kessler. Les seconds rôles sont par conséquent fatalement anecdotiques face à ce couple qui bouffe le métrage. Jonathan Zaccaï est limité au rôle du mari dépassé par les évènements et Valérie Donzelli est sympathique en amie et confidente de Isabelle Carré mais son personnage est sans réelle épaisseur. Dommage que le film se contente d’un récit assez banal, mais la performance de tout premier ordre du couple vedette vaut à elle seule le détour.
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Publié
le 30/09/2005 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
On pourra regretter que ce Entre ses mains adopte un récit simpliste et linéaire, mais la performance réalisée par deux des acteurs français les plus en vus du moment est assez impressionnante. Isabelle Carré confirme son aisance à évoluer dans des rôles dramatiques et Benoît Poelvoorde, à mille lieues de son image d’éternel comique, livre une partition bluffante. |
7/10
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