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Critique : Night Watch |
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Venu de Russie où il a rencontré un grand succès, voici le premier volet d’une nouvelle trilogie fantastique.
Le voilà enfin arrivé, le film fantastique russe que certains fans de science-fiction et de fantastique attendaient avec impatience et fébrilité. La rumeur l’annonçait comme le film d’un nouveau genre, comme le début d'une nouvelle grande trilogie. Le film traite du conflit et de l'équilibre maintenu pendant des siècles entre les Night Watch et les Day Watch, due à une trêve médiévale conclue entre les deux camps. Les Night Watch sont en charge d'en assurer le respect, mais cette pause risque d'être rompue par une ancienne prophétie, impliquant l’arrivée d’un enfant au destin unique, plongeant ainsi le monde au centre d'une nouvelle guerre aux conséquences chaotiques.
Timur Bekmambetov est un jeune réalisateur qui en est là à son troisième long métrage. Il a été influencé durant toute son enfance par les films américains et le revendique en affirmant qu’il faut prendre exemple sur les gros blockbusters pour attirer le plus grand nombre de spectateurs dans les salles. La leçon est en tout cas assez bien récitée pour pousser Fox Searchlight à acheter le film et à le distribuer dans le monde entier, soutenu par des déclarations positives et enjouées de Danny Boyle et Quentin Tarantino. Rien que ça !
Malgré cette réputation flatteuse, on peut qualifier malheureusement ce Night Watch de pétard mouillé. Sur un récit sympathique qui tente de recycler le classique duel entre les forces du bien et du mal, Bekmambetov, réalisateur venant du clip, choisit la surenchère d’effets de caméra jusqu’à saturation. Il adopte un rythme haché et un peu hystérique, oubliant qu’il n’est ici plus dans le domaine du clip auquel on a parfois l’impression d’assister, afin de mettre en scène son histoire finalement assez simple, alourdie par des envolées philosophiques de bas étage dignes d’un sous-Matrix. La bande-son signée Pleymo est assez mal intégrée au film et donne l’impression d’être utilisée afin de pallier au manque de rythme. Oui, c’est sûr que le réalisateur a été grandement influencé par le cinéma américain, cela se ressent à chaque instant. En plus dudit Matrix, on peut reconnaître sans mal un peu de Blade par ici, un peu de Star Wars par là, un peu de Michael Bay dans la façon de filmer les scènes d’action sur un rythme effréné, voire même un peu de David Fincher dans la maîtrise technique pour des plans surprenants et beaux. Il est vraiment dommage que le réalisateur se plante dans sa mise en scène car le film donne au final l’impression d’être une sorte d’expérience pour instaurer toutes sortes d’effets et de scènes inédites.
Malgré cela, le film arrive à nous accrocher grâce à son ambiance assez sombre peupléé de personnages attachants dont les interprètes arrivent à donner un peu de consistance dans les (trop) rares moments de calme. Dans la mise en scène brouillonne surnagent tout de même quelques scènes agréablement surprenantes comme cette introduction brutale et alléchante, une séquence animée de toute beauté, et des passages gores pleinement assumés. Le personnage principal interprété par Konstantin Khabensky se révèle assez mal à l’aise lors des scènes d’action mais rattrape le tir par son côté naturel lors de scènes plus intimistes notamment lorsqu’il se retrouve avec son fils. Attendons tout de même de voir les deux prochains volets de la trilogie avant de donner un jugement hâtif à cette œuvre, en espérant que ceux-ci seront nettement mieux maîtrisés.
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Publié
le 28/09/2005 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Le premier volet de la trilogie fantastique venue de Russie s’avère être plutôt brouillon à cause d’une mise en scène qui donne dans la surenchère d’effets tape-à-l’œil. L’univers instauré comporte néanmoins quelques scènes d’une grande beauté et un fort potentiel qu’on pourra espérer mieux exploité dans les volets à venir. |
5/10
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