Nouvelle comédie américaine profitant de l'été pour arriver sur les écrans français, voici Mad Money, film de casse au féminin.
Second film de la scénariste de
Thelma et Louise,
Callie Khouri,
Mad Money part d'un pitch original. Bridget (
Diane Keaton), la soixantaine aisée, voit son petit monde basculer lorsque son mari ne parvient plus à assurer leur train de vie. Obligée de retrouver un travail, elle devient femme de ménage à la Trésorerie Nationale. C'est alors que lui vient l'idée de dérober quelques billets afin de maintenir son statut social.
A partir de ce point de départ se dévoile la thématique la plus intéressante du film, l'engrenage consumériste poussé à son absurde. Ou comment une société est amenée à créer toujours plus de besoins secondaires, en opposition aux besoins premiers, nécessitant toujours plus d'argent pour les satisfaire. Et qu'est-on prêt à faire pour conserver ses nécessités illusoires lorsque la source se tarie. Laissant alors penser que l'argent fait le bonheur, puisque tout s'achète.
La première partie joue sur cela jusqu'à l'élaboration de la combine, et la constitution du trio de choc, complété par
Queen Latifah et
Katie Holmes, est ainsi des plus agréables. Entre thématique pertinente bien que survolée et caractérisation des personnages et de leurs motivations,
Mad Money relève du meilleur divertissement. Il est en cela aidé par une mise en scène aux cadres élégants et à la jolie photo (à mettre cependant davantage au profit d'une solide assise technique hollywoodienne qu'au génie de la réalisatrice), ainsi que par une bande son foisonnante apportant du dynamisme au récit.
Dommage alors qu'il rejoigne les classiques trames de film de casse, où apparait de micro-péripéties jusqu'au grain de sable qui mettra l'entreprise en danger. C'est l'occasion cependant de développer d'avantage les rapports humains de la bande pour mettre en œuvre une seconde thématique, certes nettement moins « acerbe » et plus convenue mais toujours agréable, où ceux-ci auraient la primauté sur l'argent. Même si au pays du Dollar roi, on ne se refait pas totalement...
Malgré cet essoufflement narratif dans sa seconde partie,
Mad Money demeure une sympathique comédie et ce grâce à un casting qui personnalise à merveille son versant humaniste. Et en particulier le trio iconoclaste que constitue une
Diane Keaton convaincante épaulée par une
Queen Latifah égale à elle-même et une
Katie Holmes surprenante de fraicheur. Denier petit détail amusant, ce sont ici les hommes qui sont confinés au second rôle de soutien marital, avec une prestation au diapason. Perdant progressivement la fraicheur de départ, Mad Money parvient finalement à tenir la longueur grâce à son casting de qualité.