En pleine période estivale arrive un nouveau volet estampillé American Pie, Medieval Pie : Territoires Vierges. En fait, pas vraiment…
Ainsi
Medieval Pie : Territoires Vierges n'entretient aucun rapport avec la franchise
American Pie. Originellement
Virgin Territory, il a hérité de cette appellation en traversant l'Atlantique avec pour seul but des distributeurs d'attirer l'attention des spectateurs sur un film qui sinon serait passé totalement inaperçu, en profitant des similarités des deux œuvres : un groupe de jeunes dont le but principal est de passer à l'acte, le tout sur un ton potache...
En fait, sa principale influence est le
Décaméron de l'auteur italien
Boccace, recueil de nouvelles paru au XIVème siècle, dont il s'inspire très librement, empruntant son point de départ – une bande de jeunes hommes et femmes quittent Florence gangrénée par la peste pour la campagne – et faisant sienne le cœur de l'écrit original, la variation sur l'amour. Variation qui va rapidement révéler son unique but, aborder chaque rapport homme/femme sous un angle purement sexuel sur un ton résolument badin. De ce fait, la réflexion en est réduite à sa portion congrue, entre hommes faibles face à la chair et femmes sachant jouer de leurs atouts. En somme, tout le monde cède à la tentation aussi bien nonnes que brigands, mais l'on se rendra finalement compte que les plaisirs instantanés ne valent que peu face à un simple baiser de la personne que l'on aime.
Avant que la morale ne soit sauve, le spectateur aura tout de même eu le droit à de nombreuses situations coquines, où torses, poitrines, fessiers, et même un petit attribut masculin, sont conviés. Principales raisons d'être d'un récit qui n'hésite pas à s'égarer sur différents chemins de traverse pour satisfaire son appétit, par le biais d'un scénario foutraque aux limites de la cohérence mais qui finit par trouver son sens. Tout cela se fait sur un ton volontiers léger et potache, dans une bonne humeur et une décontraction agréable.
Cinématographiquement parlant, le réalisateur
David Leland ne brille cependant pas forcément, la mise en scène se montrant juste narrative et illustratrice de l'action, avec une photographie des plus banales. Ce qui est un peu dommage, étant donné que le film a été tourné en Italie, et que l'on n'est jamais en mesure d'en profiter réellement. En terme de reconstitution historique, il peine également à convaincre, puisque qu'on ne croit pas non plus à cette Florence dévastée par la peste noire. Mais ce n'est à priori pas l'intention première de ce
Medieval Pie, qui se rattrape par un ton contemporain anachronique amusant, des combats à l'épée divertissants, le tout supporté par une bande originale efficace conviant
Blur,
The Kills ou
Basement Jaxx.
Et les acteurs semblent évoluer avec plaisir dans cette comédie hédoniste.
Hayden Christensen et
Mischa Barton remplissent très bien leur fonction, c'est-à-dire être mignons.
Tim Roth s'amuse gentiment dans son rôle de décadent frustré, tandis que
Craig Parkinson livre une belle partition comique, tout comme
Matthew Rhys. Un joli casting féminin finit d'agrémenter ce
Medieval Pie : Territoires Vierges qui remplit parfaitement son rôle de divertissement estival plaisant et sans conséquences. Derrière un titre trompeur, Medieval Pie : Territoires Vierges cache une sympathique comédie aux mœurs légères qui reste cependant bon enfant.