Nouvelle sortie technique estivale, Mr Woodcock n'est pas vraiment ce dont il semble avoir l'air.
A priori,
Mr Woodcock promet une comédie des plus graveleuses avec son titre équivoque et les présences de
Sean William Scott et
Billy Bob Thornton, qui semble prendre de plus en plus de plaisir à s'attaquer à ce genre de production (
Bad Santa,
L'Ecole des dragueurs). Ce n'est pas le cas. Car même s'il s'agit d'une comédie grinçante, le second film de
Craig Gillespie, dont on attend toujours l'inédit
Lars and the Real Girl avec
Ryan Gosling, évite de trop s'attarder sous la ceinture pour s'aventurer du coté humain.
John Farley, auteur à succès d'un livre de coaching personnel prônant l'oubli du passé pour avancer, se retrouve confronté à son démon d'enfance,
Mr Woodcock. Cependant les résilients le savent bien, plaider l'ignorance ne sert à rien. C'est ainsi que dans ce récit initiatique, le jeune homme apprendra à affronter son passé et à en tirer les leçons…
Passée une introduction cruelle et iconique,
Mr Woodcock peine pourtant à intéresser le spectateur. Car si la thématique abordée est intéressante, son angle d'attaque l'est moins : de retour dans sa ville natale, John Farley devra affronter Woodcock (pour des raisons que l'on ne dévoilera pas). Le film peine alors à véritablement démarrer, dévoilant ses intentions que très doucement et laissant le spectateur dans une vague expectative. Il faut le dire, le scénario en lui-même n'est pas extraordinairement passionnant, presque banal malgré sa situation originale. Pourtant cela finit par se décanter dans une seconde partie plus rythmée, réservant quelques bons moments comiques qui permettent de soutenir la thématique investie.
Ce regain d'intérêt s'explique par la qualité des scénaristes qui, s'ils ne brillent pas par leur originalité même, font preuve d'un sens comique efficace. Mais c'est surtout la mise en scène de
Craig Gillespie qui rehausse cette histoire classique et sauve véritablement sa mise en place. Pour son second long-métrage, il fait preuve d'une belle maitrise dans un style fluide et élégant, presque lancinant par instant, le choix de la musique y étant pour quelque chose. D'un point de vue technique et artistique, peu à redire donc, qu'il s'agisse de la photo ou du montage. Seul le rythme narratif peine, les 80 minutes effectives de l'ensemble se faisant sentir.
L'autre gros atout de
Mr Woodcock est sa distribution. Tout d'abord,
Billy Bob Thornton qui n'a jamais beaucoup à se forcer pour jouer une parfaite enflure et dont on se délecte des piques assassines et autres maltraitances psychologiques. A coté,
Sean William Scott s'en sort bien dans la partie comique, mais éprouve plus de difficultés à retranscrire le parcours humain de son personnage. On retrouve également avec plaisir, après
Speed Racer,
Susan Sarandon, impeccable ; mais aussi
Ethan Suplee - le frère de
Earl, pour les aficionados - et
Amy Poehler dans un second rôle vraiment mordant.
Cette réunion de talent permet au final de faire exister un script qui aurait connu un sort moins glorieux dans les mains d'artisans moins qualifiés.
Mr Woodcock est un divertissement plaisant, mais son manque d'allant scénaristique l'empêche de prétendre à davantage.