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Critique : Bienvenue au cottage |
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Bienvenue au cottage est le dernier né de la comédie anglaise horrifique. Au menu, humour noir et tripes, bien évidemment…
Bienvenue au cottage est le second film du britannique Paul Andrew Williams, après le sombre et controversé London to Brighton. Pour son deuxième essai, il relâche un peu la pression et s'oriente vers une spécialité anglaise, la comédie horrifique, genre qui nous apporté ces dernières années Shaun of the dead ou Severance. Peter et David y sont deux frères qui décident de kidnapper une pulpeuse blonde et de la séquestrer dans un cottage, afin d'obtenir une rançon leur permettant de réaliser le rêve de chacun … L'opération va rapidement tourner au cauchemar, la campagne anglaise n'étant pas si paisible que cela, et plus particulièrement le fermier qui habite non loin de là.
La première chose qui frappe l'œil est la rigueur de la mise en scène. Les cadres sont d'une précision diabolique et opèrent avec brio sur la profondeur de champ, suscitant constamment l'attention du spectateur sur le premier comme l'arrière plan, servant ainsi la dramaturgie. Elle procède aussi d'une grande économie dans ses effets, utilisant le plus souvent ces plans fixes millimétrés, appuyés de temps à autre par quelques plans séquences fluides, légers zooms, ou ralentis. Le tout à bon escient. Surtout, Paul Andrew Williams ne cède jamais aux artifices du genre par une caméra portée ou une image volontairement chaotique, au profit d'une lisibilité constante de l'action et d'une bonne gestion de l'espace. Il est en cela bien aidé par un montage aiguisé, pour un résultat sobre et efficace à la direction artistique pointue.
Ce bel écrin lui permet alors de s'amuser librement avec son script, dont il est également l'auteur. Investissant tout d'abord la comédie de kidnapping avec bonheur, entre non-sens et répliques mordantes, il vrille lentement son récit pour le faire dériver vers le survival tout en conservant son ton comique avec la même réussite, réservant au spectateur de jolis moments de tension. L'occasion aussi de profiter de quelques effusions de sang, sporadiques certes mais habilement pensées. De ce point de vue, on appréciera la qualité des effets spéciaux physiques à l'exception du visage du méchant fermier, pas totalement convaincant. Petit bémol de ce mélange de genres, la constante variation de ton qui empêche l'instauration d'un rythme véritablement efficace, sans grande conséquence sur le plaisir éprouvé cependant.
Afin de ne pas virer à la comédie esthétique un peu vaine, le réalisateur anglais investit également à plusieurs degrés la thématique de la famille, pour donner un peu de substance à tout cela. Sans entrer dans de grandes réflexions sur la question, il parvient ainsi à sous-tendre efficacement le récit, permettant de créer une légère empathie envers les personnages et de ne pas les cantonner à leur rôle de proie en puissance. Ces personnages sont véritablement mis en valeur par une belle brochette d'acteurs, qu'il s'agisse du sobre Andy Serkis, de l'outrancier Reece Shearsmith ou de la peste plantureuse Jennifer Ellison. On retiendra également un duo asiatique particulièrement savoureux. Au final, seule une chose empêche Bienvenue au cottage de transcender son statut d'habile comédie, son parti-pris de suivre les sentiers référentiels, sans volonté réelle de s'affranchir ou de renouveler véritablement le genre. Il pèche par manque d'ambition assumée, en somme… et le revendique par un ultime plan d'une dérision mordante.
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Publié
le 07/07/2008 par Steve Gallepie
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| Verdict |
Bienvenue au cottage est une nouvelle réussite de la farce horrifique britannique qui, s’il n’a pas la stature d’un Shaun of the dead, demeure un divertissement des plus recommandables. |
7/10
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