Mes amis, mes amours… et nos emmerdes devant cette comédie française d'une absolue platitude.
Mathias (
Vincent Lindon), père divorcé, célibataire, petit employé d'une librairie, finit par accepter la proposition de son meilleur ami d'enfance Antoine (
Pascal Elbé) : venir vivre avec lui dans la capitale anglaise. Habitant dans deux maisons jointes, ils élèvent leur enfant respectif dans un esprit très familial. L'harmonie du lieu (très ordonné par le maniérisme d'Antoine) s'effrite lorsque Mathias entretient une liaison amoureuse avec la jolie Audrey (
Virginie Ledoyen), une journaliste française venue faire un reportage sur la communauté d'exilés s'étant installés en plein cœur de Londres.
Quand la comédie française déménage le temps d'un film de l'autre côté de la manche, le voyage est-il enrichissant ? Non… et pour personne. Au contraire, au lieu d'apporter un peu de dépaysement, d'exotisme, d'allant, cette adaptation d'un roman de
Marc Lévy (signée de la main de sa propre sœur) ne fait que se vautrer un peu plus dans la maussaderie d'un cinéma hexagonal populaire en complète décrépitude. Evident quand on regarde d'un peu plus près l'histoire de ce libraire parisien exaspéré par ses congénères au point de rejoindre son meilleur ami vivant à Londres, dans le « Frog Street », quartier gaulois complètement renfermé sur lui-même dans lequel ses habitants reproduisent leur petit quotidien délaissé à Paris.
Où sont les londoniens dans ce film censé se passer au pays du Fish & Chips ? Nulle part si se n'est en second plan pour faire tapisserie. Observe-t-on le mode de vie des britanniques ou un quelconque détail propre à l'Angleterre ? Jamais.
Mes amis, mes amours demeure uniquement centré sur sa communauté francophone archétypale. La doyenne du groupe (
Bernadette Lafont) est une tenancière d'un bistrot traditionnel, la fleuriste du coin (
Florence Foresti) une âme amoureusement esseulée … Les clichés culturels les plus durs à avaler sont sans doute ceux infligés par les propres concernés.
A cela s'ajoute une avalanche de stéréotypes sentimentaux incérés dans une mécanique qui aurait eu bien besoin d'une révision ou d'un petit coup d'huile pour rouler sans accroc : toutes les figures de la comédie romantique nous sont balancées avec la poigne d'un manchot. De la mise en scène au rythme tout est aussi plat que l'encéphalogramme d'un mort. C'est ça d'oublier de mettre une bonne dose de romantisme, d'espièglerie, de chaleur et de légèreté (de la vie en somme) à une sauce qui a vite fait de tourner à l'ennui et de rester sur l'estomac.
Forcément dans de telles conditions les comédiens font comme ils peuvent pour se dépatouiller avec des personnages mal dégrossis. Entre un
Vincent Lindon et un
Pascal Elbé en mode automatique et une
Virginie Ledoyen, qui n'y croit pas (carrément absente) il est tout a fait normal que la comique
Florence Foresti profite de la situation. Regrettable qu'elle doive se contenter de quelques furtives séquences, elle qui mettait un peu de couleur dans cet objet aussi terne que la météo anglaise. Fade, sans saveur, gentillet, pompeux, saumâtre … comme un roman de Marc Levy. Ah tiens, justement c’est de lui !