L'excellent Gilbert Melki se retrouve dans des funérailles Made in Italy. Ce n'est pas de tout repos !
L'affiche clichée et colorée d'un film nommé
Made in Italy a de quoi rendre prudent à l'abord du visionnage de l'œuvre. Allons-nous avoir droit à une comédie lourde aux gros sabots qui caricature le pays transalpin ? Et bien heureusement pas vraiment (en tous cas pas totalement). On se retrouve à suivre Luca Morandi, écrivain en panne d'inspiration, originaire d'Italie mais qui vit maintenant en France tout comme sa sœur.
Ils vont être conduits à retourner dans le pays de leur enfance suite au décès de leur père, bourreau des cœurs dont la dernière compagne était une bimbo star d'une série télévisée. Entre famille, ex-compagnes et héritage à gérer, le séjour ne va pas être de tout repos.
Evitant la caricature pataude,
Made in Italy annonce la couleur dès sa séquence d'introduction, où tout le monde se met à chanter et à danser sur un vieux tube italien au milieu de la rue : Le ton sera à la légèreté. Le film se pose alors comme une espèce de chronique emprunte de douce nostalgie envers une Italie révolue, tout en adressant au passage une critique envers la berlusconisation du pays, qui ne fait pas forcément dans la dentelle mais qui s'avère assez efficace lors de certaines séquences, fustigeant la valorisation du profit et de l'image, et l'écrasement du patrimoine culturel. On sent l'attachement du réalisateur
Stéphane Giusti, lui-même d'origine italienne, à ce pays, et il lui rend un hommage sincère à travers des grands classiques de la chanson et en faisant aussi référence au cinéma néo-réaliste d'après-guerre dans une scène très efficace qui montre aussi le manque de culture et d'éducation cinéphilique de la jeunesse.
Plus chronique douce-amère que pure comédie,
Made in Italy adopte un rythme un peu trop tranquille sur un scénario trop prévisible pour pouvoir réellement susciter l'engouement, alors le film se laisse gentiment siroter, sans prise de têtes, en grande partie grâce à une bande d'acteurs en verve, le très bon
Gilbert Melki en tête. En effet, l'acteur, connu du grand public pour
La Vérité si je mens et des cinéphiles avertis pour tout un tas d'autres œuvres, fait merveille dans un double-rôle où il lui faut jouer à la fois le quadragénaire désinvolte et le père de famille fantasque. Il est entouré d'un casting féminin fourni dont
Amira Casar, qui joue avec brio un personnage tout en réserve, mais la bonne surprise vient de
Caterina Murino qui tourne de belle manière en auto-dérision son statut de bimbo pour être finalement le personnage féminin le plus intéressant. Un peu trop faible scénaristiquement et rythmiquement, Made in Italy se laisse regarder grâce à une pléiade d’acteurs inspirés et quelques scènes efficaces fustigeant la berlusconisation de l’Italie.