Un jour, Hollywood saura jouer sur les clichés romantiques sans tomber dans le niais. Peut-être.
Après un cours sur les rapports sexuels, une fille coince son père sur la question et lui demande de lui raconter ses aventures amoureuses. Le père, qui culpabilise parce qu'il est en plein divorce et qui a bien besoin de faire le point, s'y met. Et nous voilà repartis quinze ans en arrière, au temps où il vivait avec une certaine Emilie … puis il rencontra April … puis Summer...
Un jour, peut-être part des clichés de la comédie romantique classique et les exploite à travers des histoires centrées sur un même homme qui croise et recroise trois femmes au caractère opposé. Chaque début, chaque rencontre est typique des comédies romantiques : ancienne amoureuse de lycée avec qui il doit se marier (
Elizabeth Banks), collègue avec qui il se chamaille (
Isla Fisher), copine de la copine quelque peu nymphomane (
Rachel Weisz) : on sent les histoires d'amour possibles venir à quinze kilomètres.
Le principe est amusant et même sympa : on connaît la fin de l'une des trois histoires d'amour (un mariage, une fille, un divorce) sans savoir laquelle, et on se prend réellement au jeu d'essayer de deviner quelle fille sera l'élue, de prendre position, de préférer l'une ou l'autre. Le suspense est amusant et provoque même au début quelques frustrations (vocalisées de façon plutôt stupide par l'enfant).
C'est sans doute ce qui sauve le film, qui n'a pas la grâce d'un Love Actually pour pouvoir utiliser les clichés sans être lourd. En plus, les poncifs repris sont plutôt maladroits : on nous fait le coup de la répétition du mariage en face d'une autre (
Just Married ou presque), de la gosse entremetteuse (
Pour un garçon), du bouquin perdu qu'on cherche partout (
Un amour à New York), du moment où on se rend compte qu'on aime la fille – mais trop tard, il y a déjà quelqu'un d'autre dans l'appart, de la confidente qui est amoureuse du héros depuis le début mais ne dit rien. Malentendus, quiproquos, cadeaux, … rien ne nous est épargné. Et si le début est vraiment séduisant, le film perd de son intérêt et on le finit en attendant tranquillement qu'on nous dise qui est la mariée et future divorcée.
Le film s'appuie intelligemment sur ses trois actrices. Heureusement parce que
Ryan Reynolds, sans être transparent, n'est pas terriblement lumineux et qu'
Abigail Breslin énerve à force d'être partout et d'interpréter toujours le même style de gosse. On est d'ailleurs sûrement censé être ému par la gamine, qui voit ses parents divorcer et ne parvient pas à l'accepter, qui espère, qui imite le pingouin dans une scène ridicule à la limite de l'embarras. Le scénario construit aussi un parallèle plutôt malin entre la préparation de la campagne de Clinton et la conquête amoureuse du héros, la recherche de la femme avec laquelle il veut se marier ; cela fait un balancement sympa qui allège la lourdeur de la mitraille romantique. Dommage qu'une fin téléphonée vienne faire exploser ces bons points et nous ramène à un degré de niaiserie douloureux. Un jour, peut-être tente de jouer sur les poncifs des comédies romantiques mais ne parvient pas à les maîtriser suffisamment pour être fin. Dommage, ça aurait pu être sympa.