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Critique : Capitaine Alatriste |
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L'aventurier Viggo Mortensen se retrouve au cœur des conflits monarchiques de l'Espagne du 17ème siècle.
En 1622, l'Espagne domine le monde. En perpétuel conflit avec les autres empires, le pays fait appel à des « professionnels de la guerre » pour défendre ses précieux territoires. L'un de ces mercenaires, le Capitaine Alatriste, homme laconique et guerrier redoutable (qui n'a d'officier que le nom), mène un groupe de soldats dans les Flandres pour repousser l'ennemi hollandais. Au cours d'une rixe, un de ses compagnons mourants lui demande d'élever son fils, tout en le gardant éloigné des champs de batailles.
Coproduction américano-européenne, Capitaine Alatriste se propose de revenir sur l'une des plus fameuses pages historiques espagnoles par l'intermédiaire d'un personnage de fiction (né en 1996, de la plume d'Arturo Perez Reverte). Soit raconter la grande Histoire par la lucarne de la petite. Ainsi les multiples péripéties romanesques de cet aventurier (interprété avec prestige par l'impeccable Viggo Mortensen) se fondent dans un climat mouvementé de décadence colonialiste où se mêlent aisément batailles territoriales, complots politiques, romances contrariées, exactions fondamentalistes de l'Inquisition et duels à l'épée.
Le film est une épopée d'une méticuleuse composition esthétique, à la lumière nimbée d'obscurité (on pense indéniablement aux tableaux de cette période), la rendant de toute beauté. Mais l'ennui avec la forme picturale c'est qu'elle peut vite se retrouver figée dans une certaine forme de théâtralité ne permettant pas d'accéder à la grandeur et à l'exaltation de ce type de spectacle. Capitaine Alatriste ne bénéficie pas des moyens pharamineux d'une superproduction US et cela se sent par moment: les décors sont majoritairement en huit-clos, la figuration est réduite au strict minimum et les mouvements de caméra peu nombreux …
Pourtant il serait bien malaisé de réduire la réalisation de l'espagnol Augustin Diaz Yaniz (Sans nouvelles de Dieu) à un simple ersatz nécessiteux des gigantesques fresques d'outre-Atlantique. Le réalisateur s'affranchit les trois quart du temps des moyens du bord, misant principalement sur une ambiance intimiste et cloisonnée (l'attaque dans le brouillard) et sur un goût prononcé du détail, offrant bien des qualités à un récit convenablement agencé (il y a des passages flasques mais rien de rebutant) et doté de suffisamment d'escarmouches (pas des plus faramineuses il est vrai) pour ne pas dissiper son audience. On ne peut pas parler de victoire complète … pas plus que de déroute totale.
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Publié
le 26/06/2008 par Julien Munoz
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| Verdict |
L’interprétation sans faille de son acteur principal est l’atout majeur de ce film auquel il ne manque que la logistique et le flamboiement d’un Kingdom of Heaven pour satisfaire complètement. |
6/10
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