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Critique : Le Monde de Narnia : chapitre 2 - Prince Caspian |
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Les enfants Pevensie retournent à Narnia, le monde où tout est propre mais plus sombre qu'avant. Quoique, pas trop.
A Narnia, il fait toujours beau, la mer est d'un bleu tendance Caraïbes, les forêts ont des sentiers impeccables, l'herbe des champs de bataille est verte à en faire pâlir d'envie le Stade de France. A Narnia, on peut manier l'épée à 14 ans sans aucun entraînement comme un guerrier de métier, tirer à l'arc et n'avoir aucune marque sans gant de protection, courir comme une dératée dans une robe longue en velours et réussir à la garder impeccable, prendre le temps de faire des câlins à un lion à la crinière L'Oreal pendant que ses frères et sœurs sont en difficulté. Normal, on est chez Disney. C'est d'ailleurs tellement propre qu'on aurait tendance à chercher les agents d'entretien cachés derrière les arbres. Mais bon, une fois qu'on est prévenu, on peut rentrer dans le film. Ou du moins essayer.
Voilà donc Peter l'orgueilleux, Susan la jeune fille en fleur, Edmund le nouvellement raisonnable et Lucy à la tendance étrange à tomber sous le charme de n'importe quelle chose poilue, de retour dans leur ancien royaume pour rétablir l'ordre et la justice. Il faut dire qu'après leur départ, Aslan, le lion-dieu protecteur, a déserté le pays et des envahisseurs ont pris le pouvoir et exterminé la plupart des Narniens, et qu'un homme cruel a maintenant pris le pouvoir. Et voilà Caspian dixième du nom bien décidé à reconquérir le trône que lui a volé son oncle.
Le film est tiré du second tome publié (quatrième si l'on prend l'ordre chronologique de l'histoire). Parce qu'il reste plutôt proche du livre, le scénario n'a pas mis de côté les allusions aux mythologies antiques ni surtout le parallèle terriblement lourd avec la religion chrétienne et la croyance dans le retour du messie. Il y a même le coup des doutes, de St-Thomas-qui-ne-croit-que-ce-qu'il-voit et du « je dois faire mes preuves avant d'avoir de l'aide ». Terrible. Et en même temps tellement proche des préoccupations américaines qu'on comprend que ça ne les ait pas gênés. Le premier volet avait au moins la décence de faire ses allusions au christianisme à travers des scènes, des symboles ; ici, tout est hurlé jusque dans les dialogues. Certes, peut-être est-il temps de redonner des valeurs solides aux enfants ; mais de là à les assaillir d'une vision de l'importance de la foi datant de l'après guerre … Et quand les cris de guerre changent, quand on commence à se battre non plus au nom de la politique et de la liberté (1ère étape) puis du pays (2ème) mais au nom de ce dieu revenu d'on ne sait trop où, la reconquête du trône volé prend des allures de guerre sainte plutôt dérangeantes.
Ce deuxième volet est plus sombre que le premier, avec plus de reliefs et une prise de risques plus grande quant à la réalisation. Tant mieux, même si cela donne parfois d'étranges scènes : la rudesse des mouvements de caméra ne s'accorde pas toujours avec le côté propret de l'univers. Certaines scènes parviendront à captiver l'attention des enfants, qui tomberont sans doute dans le panneau du « va-t-il mourir même si c'est le héros », mais ne touchera pas les plus vieux. Admettons cependant que l'attaque du château est réussie, Andrew Adamson ayant eu la bonne idée de caractériser réellement les différentes espèces au lieu de ne s'occuper que de leur physique. Chacune combat différemment, et le rendu est plus que correct. Reconnaissons-le, Weta Digital a fait du bon travail pour les bêbêtes qui parlent, c'est dommage en revanche que le reste soit bâclé, particulièrement le passage de la station de métro à la plage de Narnia. L'impression générale est brouillonne, Adamson ne maîtrisant que très mal le ton plus sombre demandé par l'histoire, et le film est vite déséquilibré.
A force de vouloir nous présenter des images épiques qui tombent pile comme il faut, les aberrations se multiplient, avec des impossibilités flagrantes, d'un plongeon dans l'eau comme si le personnage était sur une falaise alors qu'il a les pieds dans l'eau sur une plage (mais ça fait mieux quand la caméra est dans l'eau et que le héros surgit à la verticale) à une armée en déroute qui quitte une clairière entourée d'une forêt touffue et arrive bien rangée, une seconde plus tard, au bord d'un fleuve avec des falaises derrière. Passons aussi les personnages qui apparaissent et disparaissent. Le ton grandiloquent culmine avec une horrible scène d'adieu, terriblement maladroite, où les personnages larmoyants se disent qu'ils ne se verront plus sur une musique douteuse qui proclame (en anglais) qu'il ne faut pas dire au revoir puisqu'on reviendra quand on sera appelé.
Quant aux acteurs, si dans le premier tout le monde s'extasiait de la fraicheur de Georgie Henley (Lucy), c'est ici Skandar Keynes (Edmund) qui sort du lot ; on attend de le voir dans le troisième volet, où il tiendra la vedette avec sa jeune sœur et un nouveau personnage. Inutile en revanche de chercher quoi que ce soit du côté du fameux Ben Barnes (Caspian) dont la production nous rabat les oreilles depuis le début : il est complètement transparent et on l'oubliera bien vite sans regret.
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Publié
le 24/06/2008 par Marie-Ambre Devanlay
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| Verdict |
Ces nouvelles aventures dans l’univers de Narnia sont décevantes à cause du manque de contrôle du réalisateur, qui n’a pas su exploiter l’aspect plus sombre de l’histoire de Caspian et a fait évoluer certaines choses tout en en laissant traîner d’autres, donnant au film un ton très inégal. Les améliorations par rapport au premier, en revanche, nous font espérer un troisième volet plus abouti. On attend de voir. |
5/10
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