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Critique : Ma sorcière bien aimée |
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Ma sorcière bien aimée, est, oh surprise, une adaptation de la série du même nom avec Nicole Kidman plus ou moins dans le rôle de Samantha et Will Ferrell plus ou moins dans celui de Jean-Pierre.
Plus ou moins, car les génies qui ont eu l’idée de cette adaptation se sont posés une question : comment reprendre en film une série culte qui a très mal vieilli ? Ils auraient pu choisir l’adaptation moderne ou la transformation des personnalités comme pour Starsky et Hutch mais ils eurent l’idée d’une mise en abîme. L’histoire est celle de ceux qui vont faire refaire la série (si vous voulez voir ce concept bien exploité, tournez-vous plutôt vers Adaptation de Spike Jonze). Nous suivons Isabel, jolie sorcière qui a décidé de vivre une vie tout à fait tranquille jusqu'au jour où elle va jouer la sorcière Samantha dans une version moderne de la série Ma sorcière bien aimée. Le rôle de Jean-Pierre (qui n’a toujours pas retrouvé son vrai nom à la traduction, nostalgie oblige) sera tenu par Jack, un acteur à la gloire déchu mais à l’ego toujours surdimensionné.
L’idée de base est casse-gueule mais aurait pu donner une satire acerbe de la télévision américaine. Malheureusement, les piques envers les divas des studios et le système qui les entoure ne vont pas très loin. On aurait pu espérer un second degré envers le modèle mais les scénaristes n’osent pas égratigner cet objet de culte. Les rares moments où le film nous arrache un sourire sont ceux où les acteurs, Will Ferrell et Nicole Kidman, semblent se lâcher. L’interprétation de cette dernière, lorsqu'elle joue l'ingénue, est la seule trace d’émotion qui nous parvient, dans des scènes qui ne sont paradoxalement pas celles filmées dans le but de toucher la corde sensible du spectateur. Le reste consiste en un va-et-vient à l’odeur nauséabonde entre l’histoire d’Isabel et Jack et le scénario de la série, qui mène fatalement à une romance.
Peut-être que ce jeu de référence séduira les fans heureux de revoir des extraits de l’original ou de scènes rejouées. En tout cas, la finesse ne semble pas faire partie du vocabulaire de Nora Ephron, tant ses procédés de parallélisme sont lourds. Elle semble de surcroît prendre les éléments de la série mais en oubliant des traits importants qui ont fait son succès. Ainsi, le petit mouvement de nez typique de Samantha est très mal utilisé, frisant l’overdose par moments et absent là où il aurait pu apporter une petite touche nostalgique sympathique à la scène. A quoi bon ne pas faire une adaptation stricte si c’est pour nous resservir au final le même plat réchauffé ? A ne pas s’attaquer frontalement au mythe ? Jack, au cours d’une scène, souligne la répétition des mêmes faits toujours aussi jouissifs dans la série. La réalisatrice est très loin d’avoir réussi à appliquer ce principe. Au niveau de la réalisation, rien a signaler, c’est un brillant hommage à la série grâce à cette utilisation du champ/contre-champ monté par moment avec un plan large pour recadrer l’action.
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Publié
le 25/09/2005 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Malgré un duo d'acteurs relativement efficace, Ma socière bien aimée version 2005 est bien loin du modèle dont il s'inspire. Un film sans saveur, que l'on préférera substituer à un vrai épisode de la série. |
4/10
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