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Critique : Le Témoin amoureux |
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Le pauvre Patrick Dempsey est la demoiselle d'honneur de la femme qu'il aime. Arrivera-t-il à arrêter le mariage?
Voilà le type même de comédie sentimentale New-Yorkaise comme Hollywood aime nous les servir par cartons entiers chaque année. La recette est toujours identique et des plus simples : prenez d'abord un beau jeune homme, riche, séducteur, objet de tous les désirs de la gent féminine, mais qui se refuse à l'idée de l'engagement amoureux. Donnez lui ensuite une charmante amie (jolie, intelligente, drôle... et curieusement célibataire endurcie) avec qui il entretient une relation platonique fusionnelle de longue durée.
Vous avez ainsi votre base de départ. Maintenant il faut donner un démarrage à votre récit. Faites alors votre personnage principal se rendre compte que sa vie ne vaut rien sans sa partenaire. Pour cela trouvez n'importe quelle raison, comme une longue absence de la jeune femme (un voyage de travail en Ecosse par exemple). Puis quand viennent les retrouvailles et la déclaration enfiévrée de notre Casanova, faites intervenir un fiancé surprise ayant su ravir le coeur de la belle. Dépeignez le moins divinement que son adversaire (bah oui on ne doit pas être de son côté) sans toutefois lui donner un quelconque défaut pour pimenter la conquête sentimentale qui va suivre.
A ce moment là, vous avez le droit de donner une petite touche originale à votre scénario (justifiant de mettre des sous dans le projet). Et si la future mariée demandait à son Valentin caché d'être sa demoiselle d'honneur? C'est drôle. ça permet toutes une foule de gags comme un quiproquo homosexuel. On sait c'est dur à développer une trouvaille pareille mais n'ayez pas peur vous n'aurez pas à le faire, ce sera juste un prétexte illusoire, vous pourrez très rapidement réutiliser toutes les facilités de la comédie romantique : duels sportifs entre les deux concurrents, multiples tentatives infructueuses de notre héros pour faire capoter le mariage, avances avortées, fameux baiser révélateur suivit d'une méprise charnelle (mettez lui une ex conquête saoule et peu farouche dans les pattes) qui gênera sa mission romanesque ... avant bien sûr de conclure sur un inévitable happy-end à la guimauve.
Pour finir, n'oubliez pas de saupoudrer votre histoire de personnages pittoresques : une bande de copains sous exploitée, une grosse voulant enfiler une robe trop petite pour elle, une moche bête à manger du foin, une mamie gâteuse ... de tourner au moins une scène dans central Park et de balancer régulièrement les derniers tubes pop-rock du moment en guise de bande-son. Pour l'humour, n'hésitez pas à piocher dans différentes catégories: burlesque, grotesque, vaudeville, scabreux et des blagues sur les différences culturelles. Avec ça, le succès est assuré.
Vous l'aurez compris, Le Témoin amoureux (titre français bateau... et faussé qui plus est) ne fait que brasser platement une multitude de clichés inhérents au genre. Une comédie à l'eau de rose uniquement destinée à rameuter la midinette de 12-75 ans par la seule présence du beau gosse à la mode, Patrick Dempsey, star de la petite lucarne depuis le succès inexpliqué de Grey's Anatomy. Seul vrai intérêt: l'ultime apparition devant la caméra du regretté cinéaste Sydney Pollack récemment disparu, qui réjouit en père polisson multi-divorcé.
Alors messieurs, si votre copine/femme/amante/concubine/maîtresse vous tire par la main vers une salle obscure, ayez le courage de dire NON! Ou bien négociez votre prochaine soirée ciné (un film d'action bourrin avec pleins de jolies filles dénudées) ou une soirée foot pour les fous du ballon. Vache, dites-vous? Non, la punition vaudra largement le châtiment infligé par la vision forcée de cette commande préfabriquée.
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Publié
le 17/06/2008 par Julien Munoz
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| Verdict |
Que dire du Témoin amoureux? Sinon qu'il ressemble à toutes les autres comédies romantiques. Quel que soit celles visionnées dans le passé, vous l'avez sûrement déjà vue. |
3/10
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