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Critique : Speed Racer |
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Faites chauffer vos moteurs ! Les Wachowski nous propulsent à 650km/h dans un univers bariolé ahurissant. Pour public averti.
Qu'arrive t-il aux frères Wachowski ? Après s'être mis à dos les fans de leur révolutionnaire Matrix en faisant judicieusement volte/face pour la suite de la trilogie, voilà que parmi tous les projets auxquels ils sont rattachés (Ninja Assassin par exemple …) et malgré leur grande liberté d'action au sein d'Hollywood, c'est le moins alléchants qu'ils ont décidés de mettre en scène : l'adaptation ciné de Speed Racer, célèbre anime centré sur les courses de voitures futuristes. Une simple histoire de vroum vroum pour les créateurs de l'une des sagas cinématographiques les plus intelligentes et riches du 7ème art ? Speed Racer serait-il un acte d'autodestruction, un suicide artistique ? Peut-être mais pas seulement.
Mettons les choses au clair : pour apprécier pleinement Speed Racer, il faut accepter sans rechigner la charte initiée par les réalisateurs et donc bien comprendre leurs intentions. Le mode de pensée des Wachowski peut s'apparenter à celui d'un James Cameron, ne se reposant jamais sur ses lauriers et exécrant la répétition. Ce qui les motive ? Le défi, l'innovation et par-dessus tout … le risque. C'est pourquoi il faut arrêter de se plaindre, ils ne seront jamais gentiment là où on les attend. On comprend mieux ainsi les raisons qui les ont poussées à faire ce Speed Racer, ambitionnant de repousser les limites entre animation japonaise et film « live ».
La tentative n'est pas nouvelle, nombreux sont ceux qui ont essayé de retranscrire la grammaire visuelle des dessins animés japonais dans une œuvre de chair et de sang, mais aucune n'avait atteint ce niveau, aucune n'avait poussé la barre aussi haute jusqu'à atteindre le seuil maximal de tolérance des spectateurs. Spectateurs qui seront pour la plupart réfractaires à ce spectacle pop kitsch, familial (il faut bien insister sur ce point !) parsemé d'effets spéciaux digitaux flashy aux couleurs criardes, dans lequel évolue un casting de comédiens attifés de costumes excentriques. Nul détail graphique n'est oublié, y compris la forte mise en avant des jolis regards perçants des actrices Susan Sarandon et Christina Ricci (aaah Trixie, comment y résister ?) retranscrivant les yeux proéminants des protagonistes féminins des bande-dessinées nippones.
Dans ce genre de cas l'excès et le dérapage incontrôlé est inévitable (le singe : indubitablement handicapant) mais la sortie de piste est savamment évité de justesse grâce notamment aux acteurs (tous biens choisis), interprétants leurs personnages (réduits à leur simple fonction) avec la plus grande des convictions. Speed Racer a beau jouer dans une catégorie similaire à celle d'un Spy Kids, il reste positionné loin loin devant. Parce que les Wachowski ont soigné et pris le temps de rendre leur bébé diablement attrayant et vrombissant.
Tout l'intérêt de Speed Racer réside naturellement dans ses courses de bolides ultra-rapides capables de prouesses surréalistes sur des circuits tout droit extirpés d'un jeu-vidéo et bénéficiant de la dernière pointe technologique de monsieur John « Bullet-Time » Gaeta. Si Quentin Tarantino avait démontré définitivement avec son Boulevard de la mort - Un film Grind House que les meilleures poursuites automobiles étaient celles reproduites en vrai, il ne faut pas se borner à rejeter la technologie numérique qui permet toutes les folies inimaginables. Un tour de manège ça ne se refuse pas, surtout quand il est dirigé par des talents du pédigrée d'Andy et Larry et de leur caméra virevoltante, toujours mobile, malgré parfois une embêtante prédisposition à trop serrer leurs cadres.
Nouvelle victoire à mettre sur le palmarès des frérots (qualitativement du moins car le film a fini son exploitation en queue du box-office us) dont l'audace de s'être offert un jouet de 160 millions de dollars au frais d'un grand studio laisse encore pantois. Néanmoins on espère qu'ils reviendront dans l'avenir à des choses plus sérieuses. La récré ne peut pas durer éternellement.
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Publié
le 15/06/2008 par Julien Munoz
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| Verdict |
Malgré quelques réticences sur la ligne de départ, Speed Racer est un grand huit pixélisé résolument fun et divertissant pour peu qu’on l’accepte tel qu’il est. |
8/10
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