Les super héros n'avaient pas encore vraiment eu droit à leur propre parodie à eux tous seuls. Amis de la finesse, fuyez !
Le genre de la parodie a sérieusement été pollué ces derniers temps pas les deux tâcherons que sont
Aaron Seltzer et
Jason Friedman, responsables de
Sexy Movie et
Big Movie entre autres.
Super héros movie n'est pas leur nouveau poulain et c'est tant mieux. Non, le producteur de cette nouvelle farce est un certain
David Zucker, qui fut un des fleurons du genre de la grande époque (La série des
Y a-t-il un flic…), et qui a livré les deux derniers
Scary Movie, certes en demi-teinte, mais ô combien meilleurs que ses « concurrents ».
Alors côté scénario on ne se foule pas, on prend la même technique que les
Scary Movie qui consiste à calquer la trame principale d'un film (ici
Spider-Man) en y insérant des sketchs parodiant une multitude d'autres films. Bien sur, toute personne ayant vu les films originaux s'amuseront à déceler les petits détails parsemés dans chaque gag avec délectation mais comme pour les derniers
Scary Movie,
Super héros movie fonctionne sur courant fortement alternatif. En sachant à quoi s'attendre, en oubliant qu'on va voir la parodie ultime et en prenant bien soin de mettre son cerveau en veille avant le visionnage, en le mettant sur la position « réceptif à l'humour lourdingue »,
Super héros movie s'avère être limité mais tout de même distrayant.
Première bonne idée : Faire un métrage de 80 minutes afin d'essayer d'y concentrer un maximum de gags pour que le rythme ne soit pas trop lâche. Alors même s'il y a pas mal de déchets, il faut avouer que l'enchaînement de situations lors de certaines séquences nous renvoie avec plaisir au temps des mythiques
ZAZ, avec une mécanique rôdée qui nous offre une pyramide de gags énormes (à ce titre, la scène de la déclaration d'amour la moins romantique du monde est une pépite) assemblés avec quelques dialogues d'une méchanceté salvatrice. Seconde bonne idée donc, comme dit précédemment, le film fait dans l'humour gras mais le fait à fond, jusqu'à une saturation presque honteusement jouissive. Du lourd oui, mais du lourd parfaitement assumé. Et retrouver ce bon vieux
Leslie Nielsen en pleine forme n'est pas pour nous déplaire (il est clairement l'acteur le plus en verve et le mieux dans son élément).
Au milieu de ce capharnaüm plutôt réservé aux initiés, la mise en scène de
Craig Mazin s'avère malheureusement être sans envergure et le script (et peut-être aussi le budget) ne permet pas de nous livrer de grandes scènes d'action comme on peut en voir dans les originaux. A la place de ça, on a quelques combats qui sonnent très « fauchés » jusque dans des arrières plans peu crédibles, mais c'est peut-être ce qui rajoute du charme à cet ensemble bordélique. On le dit et on le répète donc, l'ensemble est un fourre-tout bancal, mais quelques scènes savamment orchestrées devraient au moins ravir les amateurs d'humour gras et en mettre certains en position de flagrant délit de rires coupables. Les amateurs d’humour qui tache (et ceux qui ne se l’avouent pas) pourront se satisfaire de quelques scènes dont l’enchaînement de gags fonctionne plutôt bien. Dans l’ensemble, la sauce prend par intermittence mais le tout est très loin d’être honteux.