Une fine équipe rafle beaucoup de sous dans un casino. Ocean's 14 ? Non, c'est Las Vegas 21.
Le genre du thriller se déroulant dans des casinos est une formule qui fonctionne plutôt bien, au moins commercialement parlant, comme le prouve les succès des Ocean's. Alors, pour ne pas trop changer de registre, on monte un casting mélangeant habilement jeunes stars montantes (
Jim Sturgess,
Kate Bosworth) et vedettes confirmées (
Kevin Spacey,
Laurence Fishburne) pour se plonger au cœur d'un nouveau « casse ». Casse bien particulier puisqu'il s'agit ici en fait de l'histoire vraie d'un groupe d'étudiants scientifiques brillants qui va récolter une somme colossale d'argent en « comptant » les cartes sur les tables de Black-Jack. Tout va aller comme sur des roulettes jusqu'au jour où, bien évidemment, les gérants du casino vont se rendre compte du petit manège et les choses vont alors sérieusement se corser.
Sur un sujet plutôt intéressant qui aurait pu donner un film à haute tension entre de bonnes mains,
Las Vegas 21 s'avère être un film qui plume autant le spectateur que ses protagonistes dépouillent les casinos. Dirigé par
Robert Luketic, réalisateur impersonnel de
La Revanche d'une blonde (son charme n'est dû qu'à la prestation de
Reese Witherspoon) ou
Sa mère ou moi !, ce thriller s'avère être d'une platitude et d'une incapacité à faire monter la sauce assez désolante. En instaurant une photographie très laide qui dessert le film, il commence par agresser les yeux avant d'agresser notre cerveau en optant pour une mise en scène clinquante faite d'effets de montage superflus afin de tenter de compenser un manque de rythme flagrant, et nous sert en plus de ça une intrigue linéaire sans surprise dans un film où les acteurs semblent avoir été très vaguement dirigés tant ils peinent à nous convaincre.
L'unique bénéficiaire du film est
Kate Bosworth, bien moins transparente que dans
Superman Returns, qui semble être la seule à se débattre pour tenter d'apporter un peu d'épaisseur à son personnage.
Jim Sturgess, nouvelle coqueluche d'Hollywood, ne semble pas bien saisir toute l'ampleur de son rôle (il s'agit du personnage principal tout de même) tandis que
Kevin Spacey et
Laurence Fishburne semblent se payer de belles vacances en cachetonnant un maximum.
Las Vegas 21 est un film vain qui joue tout sur l'image en exposant un environnement bling-bling à foison sans y apporter de nuances, sur fond de musiques « à la mode » qui flatteront les accros à
NRJ. Du cinéma « à consommer sur place » vite oublié. Si on voudrait être réellement mauvaise langue, on pourrait dire que la présence de
Brett Ratner en tant que producteur exécutif n'est même pas surprenante (à l'image du film). Tant pis, c'est dit. Las Vegas 21 peine à passionner, à cause de la simplicité de son intrigue où l’on voit tout venir et d'un gros problème de rythme.