Vingt ans après, le plus célèbre des aventuriers reprend son fouet et son chapeau et part à la recherche du crâne de cristal.
Beaucoup n'en pouvaient plus d'attendre son retour, envisagé depuis plusieurs années déjà.
Harrison Ford revient donc avec son personnage du Dr. Jones et va se voir embarqué dans une nouvelle aventure rocambolesque impliquant un mystérieux crâne de cristal qui le mènera vers une cité perdue.
On peut le dire, les fans, et même les simples spectateurs amateurs d'aventures, seront un poil déçus par
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal. En effet, le nouveau film de
Steven Spielberg, tout en restant un film d'aventure des plus corrects, peine à se hisser à la hauteur du mythe, pour finalement nous livrer un film d'action fortement imprégné de fantastique qui peine à se démarquer des grosses productions actuelles. Avec un dosage assez mal équilibré entre scènes de dialogues un peu à rallonge et séquences d'actions énormes, ce nouvel opus nous offre tout de même le plaisir de voir un
Harrison Ford sur qui le poids des années ne semble pas faire d'effet, l'acteur étant toujours très à l'aise et en forme dans son rôle.
Même si quelques situations sont trop grosses pour être vraies, elles sont dans la mouvance des anciens opus et dans la lignée du cinéma d'aventure des années 90 auxquels
Steven Spielberg a voulu rester fidèle. On passera donc sur l'improbabilité de certaines séquences tant qu'elles sont au service du spectacle, mais on pourra difficilement excuser un scénario trop alambiqué, obligeant notre héros à de longues tirades explicatives pour qu'on suive à peu près tout ça, prenant en compte des évènements surnaturels qui ont de quoi décontenancer. Ou quand Indiana Jones s'étend un peu trop du côté de
X-Files ou de
Roswell jusqu'à en devenir déconcertant, notamment lors d'un final assez agaçant, cédant à la surenchère d'effets visuels lourdauds pour mieux épater la galerie (qui aura en fait de quoi être embarrassée), comme si le film se faisait rattraper par le syndrôme
Star Wars (
George Lucas n'est-il pas producteur ?).
Ne prenant pas beaucoup de risques, le film tire sur la fibre nostalgique des fans en faisant revenir notamment
Karen Allen, héroïne du premier volet, que cet opus prend pour modèle. Malheureusement, le personnage qu'elle incarne est un peu sa propre caricature et ses joutes verbales avec Indiana virent aux gimmicks lourdauds qui ne feront rire que les plus jeunes. De l'humour, il y en a d'ailleurs un peu moins que dans les autres films de la saga, et il est moins bien maîtrisé, beaucoup plus infantile, ce qui a de quoi décontenancer un peu plus son spectateur qui se retrouve devant un film utilisant donc les recettes de n'importe quel film d'aventure voulant ratisser large.
Autre bémol de taille qui aura du mal à passer aux yeux des admirateurs du grand Indy :
Shia LaBeouf. La jeune star hollywoodienne, désormais partie pour être de tous les gros blockbusters, fait bien pâle figure en face d'
Harrison Ford, étant loin d'avoir le charisme du bonhomme et le profil de l'emploi (ce qui est un peu embêtant quand on sait qu'il pourrait être le leader d'un hypothétique nouveau film). Le jeu du « papa-fiston » entre eux tourne un peu trop à la gaudriole et nous offre des scènes de dialogues peu inspirées, comme elle le sont malheureusement un peu tout le long du film.
C'est donc un sentiment mitigé qui collera à la peau du spectateur averti à la vision de ce come-back cinématographique. Celui-ci pourra toutefois se délecter de la prestation en roue libre d'une
Cate Blanchett qui s'éclate en méchante de service, et savourer quelques scènes d'actions emballées avec métier, dont l'impressionnante poursuite en pleine jungle, véritable morceau de bravoure du métrage. On était tout de même en droit de s'attendre à plus qu'à une simple attraction de fête foraine. Déception en regard de la saga et de l’attente, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal reste un film d’aventures dépaysant, bien que l’histoire qui y est développée pourra en décontenancer plus d’un. On aurait aimé une aventure originale et trépidante, on a un produit fait avec métier et sans risques. Tant pis.