Préparez vous au retour (en trombe ?) du plus barbare de tous les survivants de la terre. Watatatatatata !!!
« Ken survivant de l'enfer, Ken souvent croise le fer… » : tout enfant mâle issu de la fin des années 70/début des années 80 se souvient forcément de ces paroles à l'instant fredonnées (bien maladroitement par votre serviteur il faut le dire). Il s'agit bien évidemment du générique français de la série animée japonaise
Ken, le survivant qui a fait notre bonheur sur la petite lucarne il y a de ça vingt ans, au grand dam de nos parents horrifiés devant un déballage de violence graphique paroxystique. Il faut dire que le programme n'avait rien du gentil dessin animé façon
Candy avec son univers post-apocalyptique à la
Mad Max et son héros charismatique (mélange entre
Mel Gibson,
Arnold Schwarzennegger et Bruce Lee) faisant exploser de l'intérieur ses ennemis, une bande de punks barbares massacrant tous les innocents présents sur leur passage. Un spectacle boosté à la testostérone, vecteur d'une fantasmagorie martiale et corporelle typiques de son époque, qui ne pouvait que plaire aux jeunes pré-pubères que nous fûmes. Alors quand aujourd'hui sort un film d'animation (premier d'une série de cinq) faisant revivre le disciple du Hokuto sur grand écran, l'adulte de 25-30 ans saute de joie.
N'importe quel critique l'écrira,
Ken 1 (L'Ere de Raoh) cultive abondamment notre fibre nostalgique. On y retrouve tous les ingrédients et codes qui ont contribué au succès de la série et du manga originel : des personnages bodybuildés à outrance, une violence graphique (quoique atténuée) avec geysers de sang à l'appui, l'ambiance pessimiste d'un monde désertique où les derniers survivants de guerres nucléaires tentent de continuer dans un monde impitoyable régi par le chaos dans lequel deux chefs de clan se disputent la suprématie, Souther héritier de l'école du Nanto et Raoh représentant du Hokuto Shinken. Entre les deux se trouve une population innocente opprimée attendant la venue d'un potentiel sauveur … Kenshiro, destiné à remettre de l'ordre à grands coups de tatanes. Une histoire simpliste qui replongera le spectateur directement en enfance. C'est bien là la limite de l'objet.
Car
Ken 1 (L'Ere de Raoh) reste désespérément ancré dans son héritage. On a droit aux éternels dialogues doucement ringards du genre « Il ne te reste plus que trois secondes à vivre », à une perspective fluctuante (le cheval de Raoh changeant de taille dans une même scène), aux mêmes chorégraphies illisibles … Tout, absolument tout est fait pour que le fan peu exigeant soit brossé dans le sens du poil, la production n'aspirant jamais à faire évoluer son sujet vers d'autres horizons, à le réactualiser dans notre époque ou à intégrer une nouvelle audience qui aura bien du mal à pénétrer dans le métrage (à ce titre la narration du début est calamiteuse). D'ailleurs la logique financière va dans ce sens, le film étant produit à moindre frais. Certes, le graphisme et l'animation sont plus poussés que ceux de la série télé ; ils sont néanmoins d'une platitude désarmante, indignes d'un film de cinéma.
De l'ampleur, voilà bien ce qu'il manque à ce
Ken 1 (L'Ere de Raoh), nous laissant sur un sentiment partagé, à la fois ravi de retrouver un spectacle inchangé titillant nos souvenirs d'enfances et déçu d'un contenu « vieillot » s'affranchissant mal d'un format plus large. A prendre plus comme un OAV de luxe que comme une vraie œuvre cinématographique. Fan de la première heure réjouis toi, car ce Ken grand format est uniquement destiné à ta personne. Les autres, eux, seront timorés devant une production manquant cruellement d’ambition.