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Critique : Le Journal d'une baby-sitter |
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Une future anthropologue garde un gosse de riche et nous apprend que les enfants, c'est merveilleux.
L'Upper East Side est à la mode. Vous savez, cette partie privilégiée de New York ou les ados s'habillent chez Barneys pendant que leur papa gagne des millions et que leur maman est au spa. Le Journal d'une baby-sitter, écrit par Emma McLaughlin et Nicola Kraus (deux ex-nannies), mélange cet univers avec beaucoup d'éléments « chit litt ». Déjà vu/lu quinze fois ? Euh … oui. Mais le petit plus, c'est que l'héroïne, « Annie the nanny » (Nan the nanny dans la version bouquin), a étudié l'anthropologie à l'université. Entre une sortie au parc et un rendez-vous à la réunion des meilleures mamans, elle souligne de façon amusante les petits travers d'une société déformée où les enfants doivent connaître le français et le fonctionnement de Wall Street avant d'entrer au CP.
C'est aussi sympa parce que bourré de clichés. Ils sont tous tranquillement alignés, avec le père coureur de jupons, la mère toujours entre deux comités de charité, le fils promis à une grande école et la tripotée de nounous toutes étrangères. Des clichés certes, mais qui restent toujours très gentillets, parce que le film est quand même tourné vers les plus jeunes. Et la voix off d'Annie, commentant avec ironie ce qui l'entoure, les pointe gentiment du doigt.
Malheureusement, ces clichés tout à fait justifiés (car là exprès) ne sont pas les seuls : ils sont accompagnés de tout un tas d'autres faits-maison qui parasitent toute histoire avec des riches et des étrangers au milieu. Parce que bien sûr, les riches ont une vie en désordre et n'attendent que l'avis extérieur de la petite nouvelle pour ouvrir les yeux. Heureusement pour nous, les changements se font hors de notre vue, parce que ça aurait été très douloureux sinon. Ajoutez des enfants, et le tableau est complet … Ils osent même essayer de nous faire croire que l'on calme les gosses mal élevés et sans limites en les faisant manger du beurre de cacahouètes à la cuiller : le petit monstre qui hurle et met des coups de pieds devient soudain un enfant posé et sensible. La morale dégouline : 1h30 pour nous expliquer qu'il faut s'occuper de ses enfants, qui sont la véritable richesse de la vie.
Pourtant, on y croit. Bien sûr, on grince des dents devant ce scénario cousu de fil blanc, devant ces maladresses qui auraient facilement pu être évitées, mais l'univers huppé est toujours agréable et les acteurs sont bons. Scarlett Johansson se glisse avec naturel dans le rôle de la jeune diplômée qui s'attache à la famille riche mais malheureuse (vu comment elle est partie, dans 10 ans elle jouera encore des jeunes adultes peu sûres d'elles-mêmes), et Laura Linney, toujours à fleur de peau, est une excellente femme perdue.
La première partie est donc très bonne, amusante, sautillante. Il y a même de bonnes trouvailles de mise en scène, on pense à la mise en parallèle des personnages comme dans les vitrines du musée ou à la présentation du père de famille. C'est dommage que la seconde partie, plus émotionnelle, tombe dans le trop classique pour ne pas énerver. Et oui, encore des niaiseries.
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Publié
le 17/05/2008 par Marie-Ambre Devanlay
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| Verdict |
Le Journal d’une baby-sitter est une comédie agréable et bien jouée, qui commence très bien mais se laisse entraîner du côté des bons sentiments façon guimauve. |
6/10
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