Retour vingt ans en arrière, sur une affaire noire qui a bouleversé la société espagnole.
De mémoire cinéphilique, c'est la première fois qu'un film s'intéresse à l'organisation des G.A.L (Groupe Antiterroriste de la Libération), créee au début des années 80 sous le gouvernement de Felipe Gonzales,afin d'éliminer les membres de l'ETA du Pays Basque Nord. Entre 1982 et 1987, le G.A.L a tué une trentaine de personnes dont la majorité était des innocents. Des crimes sur lesquels deux journalistes (
José Garcia,
Natalia Verbeke) du quotidien espagnol Diaro 16 enquêtent, tentant de prouver que cette cellule criminelle est sous le contrôle de mandataires issus du gouvernement.
Après son
El Lobo, revenant sur les méfaits de l'ETA, le français
Miguel Courtois continue de scruter les pages sombres de l'histoire hispanique à travers le prisme du thriller politique. Si son oeuvre précédente était tout ce qu'il y a plus de correct, celle-ci échoue dans sa démarche. Non pas par manque de matière, le sujet pouvant servir à plusieurs reprises tant il est potentiellement riche en interprétations et représentations. Non pas par sa forme dramatique, certes un brin galvaudée de nos jours (des individus de la presse tenant de clarifier une vérité cachée, on en a vu des tonnes défiler au cinéma) mais pouvant toujours s'avérer percutante. Non, ce qui manque vraiment à
G.A.L. pour toucher au but, c'est une vraie droiture dans son traitement.
Miguel Courtois semble oublier que ce type de thriller requiert certaines constantes : un suspense tendu et ciselé, une mise en scène sèche, un rythme nerveux … Tout cela,
G.A.L. le laisse au placard. Au lieu de resserrer ses éléments, il les relâche complètement, laissant un résultat final indolent et lymphatique qui a tôt fait de perdre son spectateur peu concerné par une histoire dont il peut saisir rapidement les tenants et aboutissants (certains flash back sont superflus) bien avant les personnages principaux à la traîne (
José Garcia, absent). La réalisation ne relève pas le niveau, tant elle possède plusieurs métros de retard sur son époque : les compilations de meurtres sur fond de musique et de ralentis, un peu dépassé tout ça.
Reconnaissons que le film se montre pertinent par intermittence quand il met en évidence la stupidité d'une situation historique où un groupuscule gouvernemental censé annihiler une menace et rétablir l'ordre devient aussi dangereux que ceux qu'il traque. Néanmoins dans la même catégorie, on préférera se (re)visionner n'importe quel
Costa Gavras ou un bon
Alan J. Pakula, des œuvres hautement plus recommandables et passionnantes. Un sujet inédit et passionnant, hélas traité avec un laxisme scénaristique et formel ne lui rendant absolument pas justice. Aurait pu mieux faire.