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Critique : Ciao Stefano |
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Ciao Stefano est une comédie dramatique traditionnelle italienne, ni plus ni moins.
Suffit-il de Ciao Stefano auréolé du prix Pasinetti (meilleur film italien au Festival de Venise 2007) pour dresser un état du cinéma italien actuel ? Certainement pas. Derrière une récompense, il faut l'avouer, qui a de la gueule se cache en fait un précipice. Qu'est-ce donc que le Prix Pasinetti ? Qu'est-ce donc que ce prix récompensant un film absent de la compétition officielle de Venise ?
Après renseignement, il faut savoir que le Festival de Venise 2007 présentait 23 films en compétition et décernait exactement 46 récompenses, autrement dit tout film projeté était presque assurée de repartir avec un bouquet de fleurs. Non Pensarci en récoltait deux quand La Graine et le mulet de Kechiche en remportait quatre. Non Pensarci, c'est le titre italien de Ciao Stefano, plus évocateur et intelligent que l'exotisme Vanille-Piaggio de sa « traduction » française.
Voilà pour le cadre, et pour ce qui est des prix et récompenses, mieux vaut s'y reprendre à deux fois avant de foncer tête baissée. « C'est génial, il a gagné trop de trophées, c'est une bête de concours, on y va !». Oui, ben pas toujours. Pas tant que Ciao Stefano soit mauvais ; le réalisateur, ancien élève de Nanni Moretti, a tous compris de ses prédécesseurs et livre une fable tragi-comique toute mimi. Axée dans un premier temps sur le personnage de Stefano, elle nous fait assister à son retour dans sa famille, famille italienne typique, noyau autour duquel gravite des bribes d'individualités. Stefano est un ancien guitariste punk, il quitte Rome pour le Nord et veut faire le vide, ne plus y penser (« Non Pensarci »). Le chemin du retour est bosselé sinon brutal et il faut tout le tact du réalisateur pour distiller une dose d'humour bien senti. C'est fluide et le récit, vivace, suit son cours en toute limpidité.
Stefano retrouve des parents un poil timbrés, des trentenaires célibataires/divorcés hystérico-dépressifs et une paire de mômes en mal de conneries. Même si parfois trop prévisibles, les personnages évitent les stéréotypes et rendent, peps en poing, les situations cocasses ; chacun révèle ses secrets, comme ça dans la confidence, mais attention à ne pas le répéter. Un petit côté qui rappelle le Darjeeling d'Anderson, à féliciter dès qu'il augmente la portée tragique du film. Comme si on s'occupait de la famille Carati dépeinte par Marco Tullio Giordana (Nos meilleures années) et de la légèreté. Ouf, on rit plus qu'on ne pleure. Les temps ont changé, les enfants ont bien grandi et la merde qui colle à la peau de ce punk solitaire révèle par jet les problèmes de la famille, les problèmes de l'existence, les problèmes de l'Italie. La fable déploie généreusement ses allures de pamphlet politico-social et menace des mesures « jus de cerise » de Berlusconi.
Maintenant on en est sur, Nanni Moretti a déteint sur Gianni Zanasi, lui aussi prêt à rompre le silence. Si pour cela il faut s'avouer ses fautes et supporter quelques faiblesses, alors tant pis. La copie n'est pas parfaite, elle est bien vue, dernier clin d'œil et on quitte la salle tout sourire.
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Publié
le 01/05/2008 par Florent Boucheron
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| Verdict |
Un film sympathique et honnête sans être mémorable. Il ne parvient pas à s’inscrire dans la lignée des chefs-d’œuvre tragi-comiques italiens d’antan. |
6/10
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