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Critique : De l'ombre à la lumière |
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Quatre ans après leur collaboration couronnée d’oscars pour Un homme d’exception, Ron Howard et Russell Crowe refont équipe pour raconter l’histoire vraie du boxeur Jim Braddock.
Russell Crowe, superstar depuis son rôle de Maximus dans Gladiator, avait obtenu l’Oscar du Meilleur Acteur en 2001 pour sa collaboration avec Ron Howard sur Un homme d’exception. Quatre ans plus tard, il nous livre un film qui pourrait tout à fait suivre le même chemin. Nous voici dans les années 20, Jim Braddock, surnommé « le Bulldog de Bergen », est un boxeur prometteur, mais une vilaine fracture à la main met un terme à sa carrière. Alors que la crise économique frappe les Etats-Unis, il est contraint d'accepter n'importe quel travail pour nourrir sa femme et ses trois enfants. Son agent lui décroche ainsi un combat, et c'est ainsi une chance pour Braddock d'améliorer son quotidien en gagnant une bonne prime. Mais lorsqu’il y affronte un champion et gagne, c'est un miracle qui va lui attirer les faveurs du public.
Voici donc une histoire qui se prête tout à fait à un grand film hollywoodien prétendant aux Oscars. En effet, l’histoire de ce Jim Braddock, le « Cendrillon de la boxe », est un vrai conte de fées modernes calibré pour plaire à tous les publics. Toutefois, il est énervant de voir le scénario tiré par de grosses ficelles et les bonnes valeurs morales telles que le courage, l’amour familial ou l’amitié à toute épreuve. Le film de Ron Howard est fait de bonnes grosses recettes qui ont fait leurs preuves, la machine est parfaitement huilée et ne se grippe jamais, chaque personnage tenant son rôle sans débordement. C’est bien joli mais forcément sans âme et un peu trop mécanique dans son déroulement tant le scénario est lisse et plombé par des scènes trop mélodramatiques où la larme se fait sur commande. L’histoire de Braddock n’est jamais sublimée et l’on a droit à un enchaînement de scènes prévisibles à travers ce personnage qui se trouve au plus bas et qui va petit à petit devenir le héros de tout un peuple.
Oui, mais voilà, aussi étrange que cela puisse paraître, la machine est efficace et réussie à maintenir l’intérêt tout au long des 2h20 de projection, grâce au savoir-faire évident de Ron Howard mais surtout grâce à l’interprétation de Russell Crowe et aux combats de boxe vraiment intenses. Russell Crowe vaudrait en effet à lui seul le détour tant il capte naturellement sur lui toute l’attention par son charisme naturel et son jeu toujours juste, transcendant les scènes dramatiques auxquelles il donne de la crédibilité, notamment lorsqu’il donne la réplique à une Renée Zellweger qui n’est pas à son mieux. Russell Crowe, reparlons-en également lors des scènes qui portent sur leurs épaules réellement ce film, c’est-à-dire les combats de boxe. De ce côté-là, chapeau au tandem Russell Crowe/Ron Howard, le premier étant parfait lors des différentes batailles superbement mises en scène par le second. Les duels sont d’une violence et d’un réalisme plutôt bienvenus, la force des coups se faisant ressentir à chaque instant. Ron Howard met en scène des combats plutôt clairs et simples à suivre, usant bien par moments de petits effets tape-à-l’œil mais qui n’entachent en rien le plaisir à y assister. On soulignera également les performances remarquables de Paul Giamatti, en coach très expressif, et Craig Bierko, impeccable en boxeur au regard de psychopathe.
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Publié
le 10/09/2005 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Malheureusement plombé par un académisme énervant et des scènes mélodramatiques pompeuses, la nouvelle collaboration Ron Howard / Russell Crowe se révèle toutefois assez efficace grâce aux talents de l’acteur et à la mise en scène tonique des combats de boxe. |
6/10
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