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Critique : Sans arme, ni haine, ni violence |
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Marre des films barbares et vulgaires ? Optez pour la première réalisation de Jean-Paul Rouve, c'est garanti Sans arme, ni haine, ni violence.
Nice, juillet 1976. Plusieurs individus se sont introduits dans la salle des coffres de la Société Générale, après avoir passé des mois à creuser un tunnel dans les égouts de la ville. Résultat : 49 millions et des brouettes de disparus et ce sans un seul coup de feu. Un haut fait criminel que la presse s'est empressée de qualifier de « casse du siècle ». Quelques temps plus tard, le cerveau de l'opération ramassé par la police, Albert Spaggiari, s'évade audacieusement de son audience avec le juge. Depuis l'homme s'est exilé en Amérique du Sud où il a tenté tant bien que mal de perpétuer sa légende avant de sombrer dans l'oubli.
Il y avait mille et une façons de traiter le personnage d'Albert Spaggiari au cinéma : à travers un biopic détaillé, un film de casse (déjà fait par José Giovanni en 1979 avec Les égouts du paradis), un récit policier sur la traque du criminel par les autorités françaises, une comédie… Jean-Paul Rouve, pour ses premiers pas derrière la caméra, a décidé de ne pas s'enfermer dans une catégorie et préfère piocher dans ces différents genres afin de mieux cerner son véritable sujet : Spaggiari, l'homme. Car ce qui l'intéresse ce n'est pas la légende mais bel et bien l'être humain se cachant derrière le sourire malicieux, supérieur, provocateur, dissimulé sous ces postiches qu'il aborde en compagnie de Vincent (Gilles Lellouche impec), journaliste indépendant pour Paris Match, espérant décrocher le scoop de sa carrière en interviewant le grand bandit.
C'est à se demander si Jean-Paul Rouve n'a pas abordé la casquette de réalisateur uniquement pour s'octroyer le rôle tout en démesure de celui qui se voulait comme une sorte d'Arsène Lupin moderne. Peu importe : d'un côté il exécute un beau travail de mise en scène, à la fois légère et clinquante histoire de mettre en évidence la superficialité d'une existence chimérique. De l'autre, il crève l'écran (Le César ! Le César ! Le César !) en loser multi-facettes : homme raciste, pathétique, bouffon illusionniste mais aussi être tendre, mélancolique et attachant, nourrissant le besoin vital d'être (re)connu pour ce qu'il est/fait, de devenir quelqu'un, beaucoup plus que de vivre la vie de château. Spaggiari a tout de la grande figure tragico-comique, celle du anti-héros cher à un certain cinoche des années 70, capable de ravir le cœur du public sans le dérober. Pour faire plaisir à l'acteur on lui dira que la nature de son rôle n'est pas sans rappeler ceux de son idole, un certain Patrick Dewaere.
On oubliera vite fait les défauts dont Sans arme, ni haine, ni violence n'est pas exempt : la balance des différents formes se déséquilibre à de rares moments (la partie policière faiblarde), le casting n'est pas parfait (Alice Taglioni comme d'habitude belle… mais sans aucun éclat) et la fin cède un peu à la facilité. Rien en tout cas qui nous empêchera de lui donner le non-lieu pour vice de sympathie.
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Publié
le 15/04/2008 par Julien Munoz
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| Verdict |
Sans forcément opérer le casse du siècle, Jean-Paul Rouve réussit joliment et sans bavure son premier film en tant que metteur en scène, n’usant ni d’arme, ni de haine, ni de violence mais de capacité, d’humour et de charme. |
7/10
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