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Critique : Les Randonneurs à Saint-Tropez |
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Dix ans après le succès mérité des Randonneurs, Philippe Harel refait vivre ses personnages sur grand écran. Opération mercantile ou vrai désir de suite ?
Mais qu'arrive-t'il donc à Philippe Harel ? Cinéaste ambitieux et à multiples facettes dans les années 90, il est manifestement en panne d'inspiration. Depuis Le vélo de Ghislain Lambert, film bancal mais encore satisfaisant, il semble avoir perdu sa capacité à réaliser un cinéma personnel et audacieux. En seulement 3 ans, de 1997 à 1999, il a quand même accompli l'exploit de sortir une comédie réussie et populaire (Les Randonneurs donc), un chef-d'œuvre culotté entièrement filmé en caméra subjective (La femme défendue), un film passionnant sur le monde des affaires co-réalisé avec un journaliste de Libération (Journal intime des affaires en cours) puis enfin une adaptation réussie de l'écrivain Michel Houellebecq (Extension du domaine de la lutte). Depuis Tristan (polar involontairement très drôle avec une Mathilde Seigner ridicule), il revient à la comédie avec moins de bonheur que précédemment. Aussi, ce n'est pas Les Randonneurs à Saint-Tropez qui va redorer le blason du réalisateur.
Une décennie après leur première escapade amusante en Corse, nos quatre amis se retrouvent donc afin de partir en vacances dans le Sud pour finalement atterrir à Saint-Tropez, monde dans lequel le clinquant et le fric sont de rigueur. Ils y retrouvent leur guide (quelle coïncidence!) qui s'est depuis enrichi et s'enorgueillit de son méga yacht et de ses amis millionnaires. En partant de ce postulat pas vraiment imaginatif, Philippe Harel et Eric Assous (son co-scénariste) tissent une suite sûrement drôle sur le papier mais complètement plate à l'écran. Les personnages ont vieilli, ils n'ont pas changé et l'effet de surprise n'est plus là. Ok, à ce stade du film, on espère toujours. Quand, au bout d'une demi-heure, il ne s'est pas passé grand-chose, on commence alors à s'ennuyer ferme et à se poser des questions. Qu'est-ce qui a pu motiver Philippe Harel ? Quel est l'enjeu du film ? Quel message essaie-t-il de faire passer ? On le cherche encore.
Pourtant, tout n'est pas mauvais dans Les Randonneurs à Saint-Tropez (malgré le titre, on parle bien d'un film de Philippe Harel là, pas d'un navet de Max Pécas !). Les acteurs sont bons, quelques dialogues sont finement ciselés du style « Elle est au lit, elle faisait des sauts sur le plongeoir de la piscine mais au dernier moment, elle a mal visé », certains personnages secondaires sont bien travaillés (le matelot à tout faire interprété par Sacha Bourdo est particulièrement réjouissant) mais le film peine à avancer jusqu'à rester plusieurs fois en « stand-by » total. On entend alors le personnage de Philippe Harel dire « Mais je m'en fous moi » avant de faire dire à celui de Vincent Elbaz, « Oui, mais on s'emmerde tellement ». A cet instant, on se demande si le réalisateur a voulu nous faire passer un message...
Seul le personnage de l'irrésistible Karin Viard nous fait sourire. Alors que dans Les Randonneurs, tout le monde la trouvait peu attirante, elle devient ici un sex-symbol, une femme qui attise toutes les envies et vers qui se portent tous les regards (dont les nôtres). Quand ses amis tentent de la remettre dans le droit chemin de la chasteté et de la fidélité, s'entrevoit alors une scène qui a loupé de peu le statut anthologique mais elle est malheureusement trop courte pour sauver le film qui, après le navrant Disco, montre toute la problématique du nouveau système de production lié au pouvoir économique des grandes chaînes de télévision.
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Publié
le 11/04/2008 par Christophe Hachez
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| Verdict |
Philippe Harel ne réussit jamais à faire décoller son film malgré une Karin Viard au meilleur de sa forme. Les fans de Benoit Poelvoorde apprécieront certainement. Pour les autres, un conseil : retournez plutôt voir le film de Dany Boon ! |
4/10
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