Pénélope, une jeune femme au visage porcin, recherche le prince charmant qui pourra la délivrer de son fardeau. La magie va-t-elle opérer ?
Réalisé en 2006, ce n'est que cette année que
Pénélope décide de pointer le bout de son nez à travers le monde, malgré son histoire alléchante et son casting affriolant. Certes
Christina Ricci sortait tout juste de
Cursed et
James McAvoy n'était alors que le faune du
Monde de Narnia. Pourtant cela n'explique pas cette relative mise au placard...
D'autant que ce premier long-métrage de
Mark Palansky se révèle être une jolie surprise. D'après un scénario de la tout aussi néophyte
Leslie Caveny, rodée aux séries télévisées, on y suit l'histoire de
Pénélope, une jeune et riche demoiselle de 25 ans recluse dans sa grande demeure à cause de la malédiction dont elle a été frappée à la naissance, un groin de cochon lui faisant office de nez. Seul l'amour d'une personne de sa condition pourra l'en délivrer...
On pense évidemment tout de suite à
Tim Burton, et à
Edward aux mains d'argent en particulier, qui a construit sa renommée sur ce type d'univers fantastique. Mais
Pénélope s'affranchit avec brio de cette glorieuse référence, tout d'abord en investissement clairement le terrain de la comédie romantique où la comédie le dispute réellement à la romance, entre dialogues incisifs, situations burlesques et fantaisistes et relations touchantes. Le tout est emballé avec panache par le jeune cinéaste qui use d'une mise en scène soignée, ludique, inventive et fluide, dotée d'une photographie aux couleurs chatoyantes. De plus, il ne cède pas à la tentation facile de l'exubérance, hormis lors du pré-générique.
Le scénario offre également une belle densité narrative où les péripéties ne manquent pas, permettant d'aborder nombre de thématiques telles l'émancipation, l'acceptation de soi, l'influence du regard des autres, le poids de l'éducation… mais aussi, chose plus inattendue, le poids des médias dans notre société. Cependant, il peine un peu à donner pleinement corps à tout cela, tout comme à influer un rythme soutenu à l'ensemble. Paradoxalement, c'est la faute à une belle galerie de personnages entrainant un léger surdécoupage de l'intrigue. Cette faiblesse de rythme est également un héritage du genre en lui-même, quasiment toute comédie romantique en souffrant lors du classique passage de la désillusion.
L'excellente prestation d'une troupe de comédiens à l'unisson fait rapidement oublier ce menu défaut. On pense tout d'abord à
Christina Ricci, dont le groin sied à merveille, la rendant même encore plus craquante, et au duo romantique qu'elle forme avec
James McAvoy, toujours remarquable et d'une classe absolue. Le film n'est ainsi jamais meilleur que lorsque l'alchimie entre les deux amoureux opère, offrant quelques moments des plus touchants. Le contrepoids comique est assuré avec brio par
Catherine O'Hara, mère de
Pénélope, dans un premier temps, mais surtout par la paire
Peter Dinklage/
Simon Woods. Le trop rare
Peter Dinklage opérant en retenu face à un
Simon Woods d'une exubérance comique que l'on ne lui connaissait pas, lui qui campera plus tard un Octave adulte des plus sadiques et glaçants dans la seconde saison de
Rome. A noter également la présence de
Nick Frost, dans un trop petit rôle pour qu'il n'exprime son talent comique. Comédie romantique dans un écrin de conte fantastique, Pénélope est une véritable réussite grâce à sa fraicheur de ton et à ses comédiens, guère entachée par quelques scories.