Une star du football américain découvre l'existence de sa fille de 8 ans. Bien évidemment, le plus immature des deux n'est pas celui que l'on croit.
Maxi Papa (originellement
The Game Plan) fait partie de ces comédies familiales, porteuses de valeurs saines et de bons sentiments, dont est friand le public américain. Il s'inscrit même dans un sous-genre de celles-ci qui voit se confronter un homme viril et costaud à un ou plusieurs bouts de choux. Après Anorld Schwarzenegger et son
Flic à la maternelle, et
Vin Diesel dans
Baby-sittor, c'est donc au tour
Dwayne « The Rock » Johnson, ancien catcheur qui suit dorénavant son petit bonhomme de chemin en tant que comédien, de s'y atteler.
Il est « Never Say No Joe » Kingman, quaterback multirécompensé de l'équipe de football américain de Boston, lancé à la quête du Graal ultime : remporter le Super Bowl. Arrive alors dans sa vie la petite Peyton, sa fille cachée de 8 ans que lui confie son ex-femme pour un mois. Il devra concilier son ambition personnelle et l'éducation de cette mini trouble-fête.
N'ayant d'autres ambitions que de divertir le plus grand nombre et d'offrir un bon moment à toute la famille,
Maxi Papa suit donc le schéma balisé de ce type d'entreprise en proposant à chacun ce qu'il attend : du football américain et une belle hispanique (
Roselyn Sanchez) pour papa et les fistons, une gamine espiègle source d'identification pour les petits, des bons sentiments pour maman et les demoiselles, accompagné d'un humour bon enfant pour tous. Autant dire que rien ne dépasse dans cette production Disney où le mot « stupide » est considéré comme un gros mot. Mais c'est là un cahier des charges des plus habituels.
Dans ce carcan forcément limitatif, les aventures de cette néo-famille remplissent parfaitement leurs fonctions en organisant le choc de deux mondes, où chacun a à apprendre de l'autre pour en sortir plus grand. Se distillent ainsi valeurs et morales, condamnant l'égocentrisme au profit de l'altruisme, bannissant la superficialité et l'avidité, et prônant l'investissement personnel selon la maxime « à cœur vaillant rien d'impossible ». Qualité ou défaut, le film prend sont temps pour narrer son intrigue, au risque d'impatienter les plus grands déjà blasés, mais permettant de ne pas laisser les enfants sur le bord de la route par une hystérie mal venue.
Andy Fickman (
Reefer madness,
She's the man) soigne ainsi l'emballage du produit par une belle photographie, quelques raccords astucieux ou de beaux ralentis mettant en valeur les exploits sportifs footballistiques, mais aussi de ballet. L'occasion de préciser que le football américain est ici essentiellement une toile de fond vecteur de l'intrigue, et vendeuse outre-Atlantique, et que le peu de rencontres se suivent sans trop de difficultés pour les néophytes, l'enjeu dramatique primant.
La réussite finale repose alors beaucoup sur l'interprétation, essentielle à l'identification et à la compassion que doit susciter le récit.
The Rock, en footballeur fan d'Elvis, surjoue légèrement à merveille, rappelant par instant le jeu de
Matt LeBlanc (Joey) dans
Friends. Il faut tout de même le voir ponctuer ses intonations de claquements de pectoraux. Il parvient, pourtant, à se montrer touchant lorsque l'histoire l'exige. Il est parfaitement secondé par
Madison Pettis, qui réussit à ne pas se montrer trop tête à claques, en enfant trop mature ; alors que
Roselyn Sanchez, et son merveilleux accent, se tire bien d'un rôle de complément scénaristique. Pas forcement original, Maxi Papa assume son rôle de divertissement familial sans se moquer de son public.