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Critique : Mongol |
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Gengis Khan de son enfance à sa légende, voilà ce que nous propose Mongol, nommé cette année à l'Oscar du Meilleur film étranger.
Sergei Bodrov n'est pas un inconnu aux yeux des cinéphiles. Dès 1996, il se révèle à leurs yeux avec Les Prisonniers du Caucase avant de nous livrer notamment The Quickie, mais également l'épopée Nomad. Voici qu'il arrive avec Mongol, un nouveau film ambitieux qui l'a fait représenter le Kazakhstan par une nomination à l'Oscar du meilleur film étranger cette année. On y suit ici le légendaire Gengis Khan, le leader des armées mongoles qui se créa un empire quasiment aussi imposant que celui d'Alexandre Le Grand entre la fin du XIIème et le début du XIIIème siècle. On s'attarde dans Mongol sur la construction du mythe et non sur ses années de règne, c'est-à-dire qu'on le suit de son enfance jusqu'à son accession au pouvoir, tiraillé entre l'amour pour sa femme et les incessantes luttes de pouvoir.
Le fait que Mongol n'ait pas obtenu l'Oscar n'est pas vraiment étonnant. Trop déséquilibré et navigant entre deux eaux, le film de Sergei Bodrov ne convainc pas vraiment. Se lancer dans l'évocation et l'évolution du personnage de Gengis Kahn jusqu'à sa toute puissance était un pari risqué, et visiblement le réalisateur russe n'a pas vraiment su par quel bout le prendre. Alternant sans cesse entre le grand spectacle et le récit familial plus intimiste, Mongol use trop de l'ellipse forcée pour condenser au maximum son récit et, ce faisant, enlève tout le souffle épique à une histoire qui s'y prêtait pourtant.
On se retrouve alors avec un film hésitant entre le romantisme un peu maladroit lorsqu'il s'agit de confronter le héros à sa famille, et les scènes d'actions gargantuesques qui, si elles sont effectivement assez impressionnantes, usent de recettes répétitives dans leur découpage et d'un gore superficiel qui flatte l'œil mais n'apporte rien à l'âpreté des combats. On regrettera par ailleurs une trop grande humanisation, voire victimisation du personnage, dans un film qui ne fait qu'effleurer son côté sombre lors des ultimes minutes.
Si le film s'avère être balbutiant, il faut saluer la belle interprétation de Tadanobu Asano, que les amateurs de films asiatiques connaissent bien, celui-ci apportant un réel charisme au personnage. L'acteur permet à Mongol de rester tout de même regardable malgré son aspect fortement bancal et maladroit, et y est également aidé par une très bonne musique signée du finlandais Tuomas Kantelinen, sublimant chaque scène d'action par un savant mélange d'instruments traditionnels et de chants tribaux qui donne à celles-ci de l'ampleur. Sans être honteux, la légende méritait mieux que ce Mongol timoré.
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Publié
le 08/04/2008 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Bancal et sans le souffle épique qu’il aurait dû avoir, Mongol n’arrive pas vraiment à se mettre à la hauteur de la légende dont il parle. |
5/10
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