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Critique : Deux soeurs pour un roi |
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Entre Natalie Portman et Scarlett Johansson, le cœur d'Eric Bana balance. On peut dire qu'il y a des choix plus difficiles dans la vie…
Nous sommes au XVIème siècle, Mary et Anne Boleyn sont deux charmantes sœurs soumises aux coutumes de l'époque, au choix de leur père quant à leur futur époux. Mary est réservée et humble là où Anne est fière et trépidante. Lorsqu'elles vont débarquer à la cour d'Angleterre, elles ne vont pas manquer de faire tourner la tête au roi Henry VIII et ainsi rentrer en concurrence pour obtenir ses faveurs. Le jeu de massacre peut commencer...
Adapté du roman The Other Boleyn Girl de Philippa Greggory, Deux soeurs pour un roi propose de nous livrer à l'écran l'association fantasmée par bon nombre de cinéphiles de deux des plus belles et talentueuses actrices du moment : Natalie Portman et Scarlett Johansson. Alors quand on sait qu'en plus le scénario est signé Peter Morgan, l'homme derrière The Queen ou Le Dernier roi d'Ecosse, on se dit que tout est réuni pour passer un agréable moment. Oui et non, on va dire, car en réalité Deux soeurs pour un roi est loin d'être bon mais également loin d'être désagréable, grâce à la présence de ses deux muses à l'écran.
Malgré l'écriture faite par un scénariste qui a fait ses preuves, l'histoire de Deux soeurs pour un roi s'avère d'une simplicité et d'une linéarité dommageable, instaurant des personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres, chacun ayant son caractère bien défini et sans nuances pour faire avancer l'intrigue. Si on regrettera fortement cette rigidité qui réduit l'Histoire à un énorme soap opéra, force est de constater que Justin Chadwick, dont c'est le premier long métrage, réussit à déplacer les pions de son échiquier avec une certaine efficacité, ne laissant pas l'ennui s'installer tout au long des presque deux heures de films, et c'est déjà bien.
On pourra alors au choix se délecter devant l'hystérie ambiante de ce film à l'eau de rose gonflé aux décors mirobolants et aux costumes luxueux où tous les acteurs s'en donnent à cœur joie dans l'outrance, ou alors être vite très énervé devant une oeuvre qui ne laisse pas une minute de respiration et qui s'avère finalement très mécanique, faisant finalement plus office de téléfilm gargantuesque aux situations très théâtrales où les portes claquent et les cris fusent.
En l'état, le film reste quand même une sympathique curiosité portée par deux actrices dont le talent n'est plus à démontrer qui ont su se mettre au diapason de l'ambiance du film. Scarlett Johansson fait la moue et joue les femmes sensibles avec délectation, mais le rôle le plus imposant du film revient à Natalie Portman, qui a ici matière à se lâcher et ne s'en prive pas, en livrant une performance de peste et de femme odieuse tout en gesticulations et parfois en surjeu contrôlé qui force le respect.
Il y a beau faire, c'est à croire qu'il est impossible de trouver ces deux actrices mauvaises, aussi, si vous vous déplacez pour elles, vous ne pourrez pas vraiment être déçu. Par contre pour ce qui est du reste, ne vous attendez à aucune profondeur où à un quelconque enseignement historique de poids, tout fait ici office de bluette très légère à prendre telle quelle, au sein de laquelle Eric Bana semble un peu perdu dans son personnage de roi confiné à une simple victime de sa libido, et les seconds rôles sont réduits en charpie, entre un David Morissey toujours aussi peu convaincant et une Kristin Scott Thomas transparente.
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Publié
le 02/04/2008 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Deux soeurs pour un roi est un film à prendre pour ce qu’il est, c’est-à-dire une bluette très légère, dans laquelle l’apparition simultanée de Natalie Portman et Scarlett Johansson fait son effet. Un film à voir presque uniquement pour ces deux diamants bruts. |
6/10
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