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Critique : Horton |
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Un éléphant ça trompe énormément nous dit on, ça peut aussi avoir un cœur gros comme ça. La preuve avec Horton, dernier film en date des créateurs de L'Age de glace.
Curieuse histoire que celle-ci, tirée d'une nouvelle du Dr. Seuss, célèbre auteur pour enfants outre-Atlantique (mais illustre inconnu chez nous) - déjà responsable des pérégrinations de personnages décalés de la trempe du Grinch et du Chat chapeauté - Horton est un gros éléphant aimant se prélasser et profiter de la vie dans la jungle de Nool. Un jour, il pense entendre un son émanant d'un grain de poussière qu'il tente de protéger par tous les moyens. Alors que la population de Nool le croit fou, il s'avère bel et bien que de minuscules êtres, appelés les Zous, vivent sur cette particule. Conscient du danger qui menace cet univers si fragile, Horton se lance dans un voyage périlleux afin de le déposer en lieu sûr. Mais c'est sans compter sur l'irascible Madame Kangourou, ne supportant pas de voir ses croyances bouleversées, qui va tout mettre en œuvre pour détruire Zouville et ses habitants.
Dernier né du studio d'animation Blue Sky Studios (L'Age de glace 1 & 2, Robots), Horton se situe dans la veine des précédents travaux du groupe, à quelques détails près : un graphisme de qualité, au service d'un humour essentiellement burlesque, directement inspiré des précurseurs (on se souvient encore des mésaventures de Scrat digne d'un Vil le Coyote). Les dernières avancées de la technologie servent donc un aspect général très cartoon doté de pointes de folies bienvenues (le passage tordant reprenant les codes graphiques d'un anime japonais) qu'on aurait aimé beaucoup plus abondantes et non de simples gags gentillets qui ne feront s'esclaffer que les plus jeunes.
Car c'est essentiellement aux tout petits que s'adresse Horton. Passé ce constat, il ne faut pas trop s'offusquer devant un déballage de bons sentiments, délivrant une bonne morale un brin ampoulée et que l'on peut considérer comme démodée (l'écrit original date de 1934) sur l'acceptation de l'autre, l'ouverture d'esprit et la nécessité du plus fort à défendre le plus faible … « une personne est une personne, même toute petite », tel est la devise de l'aimable mammifère.
Les adultes, plus exigeants, pourront y voir un sous-texte de l'inclinaison dangereuse des USA vers l'occultisme religieux, représenté par Madame Kangourou, figure à peine voilée de la matrone acariâtre américaine, activiste des conseils de mères de familles supposées défendre la jeunesse de tout ce qui ne colle pas avec les valeurs chrétiennes. On pourrait même y voir une parabole sur le peuple irakien (les Zous) invisible aux yeux d'Américains (les habitants de Nool) prêt à détruire tout ce qu'ils ne connaissent pas ou ne veulent pas comprendre, mais ne serait-ce pas aller un peu loin dans l'analyse ? A chacun de voir.
Même si c'était le cas, ça n'excuse pas toujours la réduction à l'état de simples figurants des personnages secondaires au fort potentiel et une fin tombant dans la facilité et la mièvrerie insupportable (la chanson façon Disney, était-ce vraiment nécessaire ?). Le sucre c'est comme tout : à consommer avec modération.
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Publié
le 02/04/2008 par Julien Munoz
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| Verdict |
Le pachyderme a beau être énorme, il ne fait pas le poids face au bulldozer Pixar. Néanmoins on peut s’amuser de ces bouffonneries manquant d’un brin de folie et destinées avant tout au jeune public. |
5/10
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