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Critique : La nuit des horloges |
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Isabelle hérite de la maison de son oncle Michel Jean et va ainsi être précipité dans les fantasmes de ce dernier…
La nuit des horloges est le dernier film en date de Jean Rollin. Pour les plus jeunes ou les moins curieux, un petit point s'impose sur cette figure du fantastique français à l'œuvre depuis cinquante ans aussi bien à travers le cinéma que la littérature et dont l'heure de « gloire » remonte aux années 70 et 80. Alternant à l'époque entre films pornographiques et séries B, le cinéaste accouche d'une filmographie où se mêle vampirisme, poésie et érotisme, sous un vernis des plus souvent kitsch.
Il s'agit donc d'un type de cinéma qu'on peut qualifier de confidentiel pour la majeure partie du public, mais qui compte évidemment une base d'inconditionnels férus de ces bisseries. Et c'est avant tout à eux que s'adresse La nuit des horloges, film testament d'un Jean Rollin amoindri (et aujourd'hui mieux portant), chant du cygne cinématographique. Qui n'a jamais vu un film de l'homme risque d'être sérieusement déboussolé, et il vaut mieux avoir révisé son petit Rollin illustré pour saisir les subtilités de la chose.
A travers Isabelle, interprétée par l'ancienne actrice de films X Ovidie, succédant à Brigitte Lahaie ou Sylvia Krystel, commence un parcours onirique où sont convoqués des extraits des précédents films du réalisateur en écho aux objets et aux lieux traversés par la demoiselle. Les personnages passés hantent ainsi la pellicule tout comme leur interprète (Jean-Loup Philippe, qui a tourné dans le premier film disparu du cinéaste, Nathalie Perrey ou encore Dominique). Les références se multiplient, de la nuisette en rose de La fiancée de Dracula à la rose de fer du film éponyme, et encore bien d'autres que la faible connaissance de l'auteur de ces lignes a de l'univers de Jean Rollin, ne lui permettent que de deviner.
Du cimetière du Père-Lachaise est ainsi transportée notre héroïne dans le château de son oncle par le biais de ces visions fantasmées, avant de déambuler dans un lieu unique, La Specola à Florence. Lieu contenant les écorchés, sculptures de cire de coupes anatomiques d'hommes ou de fœtus, collectionnés par les Médicis au XVIIIème siècle, et pour la première fois filmé pour le cinéma ; l'occasion de réaliser les meilleures plans de l'œuvre en présence.
Sur une structure fantasmée, La nuit des horloges n'a pas de cohérence narrative, voguant au gré des rencontres et des symboles ; l'interprétation littéraire et détachée perturbe également, tous comme la finalité de l'entreprise échappe par moment. Certains thèmes se détachent telle la beauté du 7ème art, l'éternité qu'il confère, mais le plus souvent l'ennui le dispute le film au doute. Comme dans n'importe quel film de Jean Rollin. Cependant, comme dans tous ses films aussi, la naïveté de l'entreprise laisse échapper des moments incontrôlés de poésie, une mélancolie se dégage face à cette sincérité dépassée, le pathétisme attendrissant de l'ensemble devient palpable…
Tellement éloigné des exigences actuelles de ce que devrait être un film esthétiquement, narrativement, techniquement, La nuit des horloges échappe à tous sens critique rationnel. Difficile de juger de sa qualité. De quelles qualités d'ailleurs ? Jean Rollin signe un film hors du temps, des normes, qui parlera fortement à ses aficionados, mais pas seulement…
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Publié
le 02/04/2008 par Steve Gallepie
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| Verdict |
La nuit des horloges est un film d’une autre époque difficilement critiquable, la poésie désuète et la mélancolie le disputant à une forme ne répondant à aucun canon artistique contemporain. Une certaine forme de génie naïf touchant dont on se demande s’il peut trouver sa place de nos jours. A vous de juger, quand le film sera distribué... un jour. |
5/10
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