Critique : Tous les garçons aiment Mandy Lane

Critique : Tous les garçons aiment Mandy Lane

La ravissante Mandy Lane se refuse à ses prétendants, jusqu'au jour où ceux là l'invitent à passer un week-end dans le ranch du père de l'un d'entre eux…


All the boys love Mandy Lane se présente comme un slasher au parcours atypique. Film indépendant réalisé en 2006, il n'a toujours pas de date de sortie outre-Atlantique, a fait le tour de quelques festivals et se décide enfin à pointer le bout de son nez sur nos écrans, après maints reports. De quoi faire naître une légère curiosité, d'autant qu'il ambitionne de marier le genre horrifique à la chronique adolescente moderne.

All the boys love Mandy Lane
Adolescente orpheline élevée par sa tante, Mandy Lane ne se prête pas aux jeux de séductions en vigueur dans son lycée, malgré sa plastique rêvée. Elle préfère la compagnie de son amie de toujours, qui n'a pas de vue sur elle. Cependant un événement va l'amener à passer le week-end avec un groupe de nouveaux amis, qui disparaitront un à un… A ce classique postulat, Jonathan Levine, dont c'est le premier film, décide ainsi de plaquer le canevas de la chronique adolescente, convoquant tout un sous-genre de la scène indépendante américaine de Sofia Coppola à Harmony Korine, en passant par des films comme Age Difficile Obscur, afin de donner plus de substance à un genre en perdition.

All the boys love Mandy Lane
A priori antinomiques, la réunion de ces deux univers peut laisser sceptique. Pourtant, le jeune réalisateur parvient à créer une ambiance évanescente et ouatée dès les premiers instants, réussissant avec brio la scène fondatrice de l'histoire. Image aux blancs brûlés, légèrement granuleuse, les influences sont là pour dépeindre ce groupe de jeunes gentiment « white trash ». Loin de Larry Clark, ici place à une jeunesse dorée faussement rebelle sniffant des cachets de Ritalin écrasés et s'excitant gentiment. Dans l'habituelle partie d'exposition, les personnages sonnent plutôt juste, faisant passer ce passage obligé sans déplaisir, comparé à certains de ses ainés. Tout se présente sous les meilleurs auspices.

Mais la façade se craquelle progressivement, les sempiternelles tensions dans le groupe apparaissent comme premier signe de faiblesse scénaristique, révélant des personnages plus creux qu'on ne l'imaginait. Puis vient le premier meurtre, et la nécessité d'allier définitivement les deux genres, là où la chronique prédominée. Pari perdu, puisqu'à partir de là ni l'évolution du scénario, ni le traitement graphique ne parviendront à sortir le récit des sentiers rebattus.

All the boys love Mandy Lane
Schizophrène, le film se débat alors entre exécutions sans inventions ni réelles violences, suspens frelaté, absence de psychologie… d'une part ; et afféteries de styles hérités de CSI : Miami (saut de saturation, montage haché, freeze…) de l'autre. Dès lors, la tension n'est plus réellement de mise, l'adrénaline non plus, malgré l'éclat de quelques scènes dont une de tension lesbienne assez érotique, même si cela demeure très cliché. Le métrage suit ainsi son cours jusqu'à la conclusion en forme de drame humain, qui ne fait malheureusement pas sens, matérialisant l'ambition initiale du projet de traiter le slasher à la manière d'une chronique adolescente et inversement. Ainsi l'essai n'est véritablement transformé sur aucun des deux tableaux, et semble révéler un cinéaste plus opportuniste et bon technicien que réellement auteur.

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La satisfaction viendrait alors plutôt du coté de l'actrice principale, Amber Heard, qui, sans être la prochaine grande actrice, parvient à donner corps à un personnage sans grande psychologie, voire tout simplement dénué de la chose, par sa simple présence. Sa voix un peu grave et ses yeux de biches évoquent même par moment Scarlett Johansson, tout comme le magnétisme qu'elle dégage. Ces deux acolytes féminins font alors bien pâle figure, tandis que le casting masculin s'en tire bien avec en tête Michael Welch, Luke Grimes et Aaron Himelstein.
 
Publié le 01/04/2008 par Steve Gallepie

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Verdict
All the boys love Mandy Lane échoue finalement dans sa relecture du slasher pour ne finir par livrer qu’un divertissement légèrement horrifique, par manque d’originalité.
5/10



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