|
Critique : Crimes à Oxford |
 |
|
Le réalisateur ibérique Alex de la Iglesia nous livre son premier film en langue anglaise et au casting d'envergure internationale avec Crimes à Oxford.
Dans la mouvance du cinéma espagnol triomphant, voilà que Alex de la Iglesia, qui nous a laissé sur un jubilatoire Le Crime farpait, nous revient avec un casting d'envergure internationale (Elijah Wood et John Hurt, c'est plutôt pas mal), pour Crimes à Oxford, un thriller très mathématique adapté du roman de l'argentin Guillermo Martinez. On se retrouve donc devant une série de meurtres visiblement commis par un tueur en série fan de suites mathématiques. Un élève doué et un professeur reconnu vont alors s'allier pour essayer de percer le mystère. Rien ne sera comme il paraît...
On a connu un Alex de la Iglesia bouillant, trépidant et à l'esprit « sale gosse », livrant des films déjantés et peu calibrés. Le changement de donne est total avec ce Crimes à Oxford, thriller à la forme très classique et au fond un peu trop embrouillé, l'histoire s'avérant difficile à adapter à l'écran. En effet, comment réussir à tenir 1h45 de film lorsque le fond de l'histoire est émaillé de théories mathématiques assez complexes sans pour autant larguer le spectateur ? Et bien, Alex de la Iglesia n'a visiblement pas vraiment trouvé la solution tant son film s'avère fatalement mou du genou, nous offrant le plus souvent des joutes verbales entre Elijah Wood et John Hurt qui pourront souvent provoquer un léger bâillement ou un sourire en coin en voyant ces deux férus de maths se jeter leur savoir à la figure.
Peut-être justifiable par une envie de livrer un film plus consensuel dans un nouveau registre qui lui donnerait un certain cachet, Alex de la Iglesia s'est laissé débordé par son sujet et tente maladroitement de démontrer son savoir-faire, au moins technique, lors d'un énorme plan-séquence assimilable à un plaisir solitaire puisqu'il n'apporte pas grand chose. Le reste du film est malheureusement à peine plus trépidant qu'un épisode de Derrick, le réalisateur ne comprenant pas que le rythme ne peut pas tenir seulement sur un étalage de théories mathématiques qui auront vite fait d'en larguer plus d'un. Heureusement, la belle et talentueuse Leonor Watling vient apporter un peu d'humanité et de distance à ce petit monde qui se prend terriblement au sérieux, dans un film qui démontre qu'Elijah Wood a décidément du mal à tenir une oeuvre sur ses épaules en dehors de ses habits de hobbits tant son jeu s'avère trop variant.
|
| |
|
Publié
le 28/03/2008 par Cyril Perraudat
|
| Verdict |
Changement de registre pour Alex de la Iglesia qui déçoit malheureusement avec un thriller assez mou du genou qui en larguera plus d’un par son flot de théories mathématiques difficilement accessibles aux non-initiés. |
3/10
|
|
|
|