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Critique : Chasseurs de dragons |
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Préparez votre attirail, nous partons chasser le bestiau maousse costaud dans un film français d'animation et d'héroic-fantasy fort plaisant.
En dépit des géants de l'animation 3D américaine (Pixar, Dreamworks, Blue Sky…) débarquant à chaque fois en force dans nos frontières, la France a su trouver sa place sans se faire écraser par le rouleau compresseur US. Comment ? En jouant la carte de la différence culturelle. Ainsi Les Triplettes de Belleville, Kirikou, La prophétie des grenouilles, U et récemment le magnifique Persepolis ont su se différencier, par leur approche stylistique marquée (très loin de la standardisation made in Disney), leur attachement à l'animation à l'ancienne et leurs contenus originaux, et cela sans faire fuir le public. L'animation française se porte bien donc et demeure le seul genre dont nous, petits frenchies, pouvons encore être fiers dans ce paysage cinéphilique hexagonal mollasson.
Fiers, on peut l'être également de ce Chasseurs de dragons qui pourtant adopte une approche opposée : celle de jouer sur le terrain du film entièrement en image de synthèse à destination des 7-77 ans. Bien qu'il adapte sa propre série animée à succès - diffusée sur le petit écran depuis 2004 - Arthur Qwak, secondé par Guillaume Ivernel, prenait un risque, celui de s'attaquer à un monstre trop fort pour lui. Si cela avait marché l'année dernière pour Luc Besson avec son Arthur et les Minimoys (commercialement parlant), il n'en fut pas de même pour les réalisateurs de Kaena, la prophétie qui en 2003 s'était planté à tous les niveaux. Mais comme le dit la formule : « la chance sourit aux audacieux ».
L'audace, mais aussi le talent. Et du talent nos deux compères n'en manquent pas, surtout question mise en scène : l'atout majeur de Chasseurs de dragons c'est bel et bien sa beauté visuelle surprenante où chaque lumière, chaque texture, chaque détail fourmillant est un régal des yeux permanent. Il fallait bien ça pour rendre justice à un univers d'héroic-fantasy volatile, à ciel ouvert, des plus captivant et original. Une originalité qu'on aurait bien voulu retrouver dans un scénario balisé du début jusqu'à la fin, dans lequel Lian-Chu et Gwizdo, deux traqueurs de bêtes cracheuses de feu (aux multiples designs superbes) un brin empotés et ayant un mal de chien à vivre de leur activité, se retrouvent chargés par mégarde d'aller au bout du monde exterminer le dangereux Bouffe-Monde, entité mystérieuse, sur le point de réduire à néant la planète entière. A défaut de nouveauté, reconnaissons que le script ne s'encombre pas de superflus pouvant ralentir une action trépidante, dotée d'un vrai sens de l'aventure homérique (beau score du compositeur Klaus Badelt).
Par conséquent, ce voyage (trop court) est suffisamment dépaysant pour souhaiter une prochaine excursion (il y a matière) et retrouver tous les personnages incarnés auxquels un cast de vedettes pas toujours judicieux donne vie. Le numéro de Patrick Timsit - depuis longtemps rompu à l'exercice - est rôdé, Vincent Lindon s'en sort honorablement mais Amanda Lear dont le choix pour interpréter Edna Mode dans Les Indestructibles s'était avéré si judicieux, révèle presque du grand n'importe quoi dans la peau du serviteur Gildas.
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Publié
le 27/03/2008 par Julien Munoz
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| Verdict |
Bien qu’ils ne valent pas une bonne Ratatouille façon Pixar, ces Chasseurs de Dragons volent beaucoup plus haut qu’un Minimoy, démontrant ainsi qu’en matière d’animation grand spectacle, la France, si on lui en donne les moyens, peut rivaliser d’ingéniosité avec l’outre-Atlantique. |
6/10
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