Madame Wang n'a pas assez d'argent pour rembourser ses dettes. La solution ? Devenir une pleureuse lors des funérailles.
En Chine demeure une pratique absente en occident : on engage une pleureuse lors des funérailles pour accompagner la dépouille dans sa dernière demeure. C'est ce que Madame Wang va devenir suite à une situation personnelle complexe. En effet, celle-ci, dans une situation financière précaire qui la voit vendre des dvd à la sauvette dans la rue, se retrouve avec un enfant abandonné sur les bras et une grosse dette à cause de son mari qui a été envoyé en prison pour une agression. Ne sachant plus quoi faire, elle s'associe à un entrepreneur de pompes funèbres, dont elle était la petite amie avant de se marier, qui lui propose de devenir pleureuse pour son compte. Elle va devoir alors acquérir le savoir et la technique nécessaires à cette pratique...
Au début on a très peur : la caméra s'agite, les scènes s'enchaînent à un rythme effréné, un bébé n'arrête pas de grogner… On prie pour que ça ne continue pas comme ça et, heureusement, passées les dix premières minutes un peu crispantes, le film prend son rythme de croisière et se calme, on l'a échappé belle… Sur un sujet qui aurait vite pu être plombant autour de la déchéance sociale d'une femme,
Liu Bingjian utilise souvent l'humour pour contrebalancer le poids du propos et nous propose un film tragi-comique parfois attachant, pas toujours très convaincant.
La force du film vient de la performance de
Liao Qin, petit bout de femme paumée attachante, dont le sur-jeu visiblement souhaité peut par moments décontenancer mais nous montre un personnage de femme haute en couleurs qui nous propose quelques scènes bien senties nous arrachant quelques rires. Dommage que le propos du film n'ait pas la pertinence qu'il aurait pu avoir en préférant la facilité, nous montrant l'entrepreneur de pompes funèbres comme le reflet d'un capitalisme exacerbé (se faire de l'argent sur le dos des morts) et Madame Wang comme la victime d'une société dans laquelle se creusent les inégalités, sans vraiment faire dans la nuance.
Les Larmes de Madame Wang se laisse alors gentiment suivre grâce à son personnage attachant mais ne restera pas dans les mémoires. Les Larmes de Madame Wang se repose sur la prestation de Liao Qin pour maintenir l’attention. Attachant mais pas très convaincant.