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Critique : A bord du Darjeeling Limited |
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Embarquez avec le burlesque Wes Anderson pour un tour de train avec les frères Whitman…
Wes Anderson est un auteur à part entière dans le cinéma actuel : unique, indépendant, au burlesque reconnaissable dans l'instant, et son nouveau film le confirme une fois encore. Précédé d'un court-métrage, d'une introduction avant l'introduction, Wes Anderson fait don de cette séquence et coordonne par là la totalité de son œuvre : ses films s'assemblent, se suivent, trouvent des échos dans l'avant et dans l'après. A tel point qu'A Bord du Darjeeling Limited est pour ainsi dire La Famille Tenenbaum partie faire un tour en Inde.
Ravissant les aficionados du réalisateur, A Bord du Darjeeling Limited reste toutefois décevant à bien des égards. Les ingrédients phares de Wes Anderson fonctionne toujours aussi bien, sa touche burlesque jouissive déclenche sourire après sourire. Pas d'inquiétude, le film fait preuve d'une légèreté planante rare et plus rare encore dans une comédie américaine. Out les Ben Stiller, Jason Biggs et compagnie ; Wes Anderson évite l'humour gras ketchup-mayonnaise et, en ce sens, les inévitables épices indiennes qu'il incorpore à sa recette favorite s'ajustent nettement plus au ton du réalisateur. Pimentés, les dialogues sont délicats et incisifs, relevés ce qu'il faut pour faire leurs effets, pas plus.
Trois frères se donnent rendez-vous en Inde, un pays où le mystique apparaît à tous les étages ; oui, mais pas chez Wes Anderson. Le départ en Inde des frères Whitman (succulemment interprétés) n'est qu'un prétexte pour recoller les morceaux – en somme, l'exacte motivation qui anime Monsieur Royal lorsqu'il renoue avec sa Famille Tenenbaum. Anderson fait du Anderson, avec une reprise des mêmes codes, des mêmes thèmes et de la même manière de les aborder. Le voyage des frères Whitman et l'évolution de leurs relations internes sont au cœur du film. Cette fois encore rien n'est gagné d'avance, cette fois encore la chaleur que dégagent les retrouvailles finit par régner en maître sur un film au final couru d'avance. Le plus gros problème, c'est que son départ sur le sous-continent résonne alors comme un secours à une panne sèche d'inspiration. Les gags pétillants sont rendus possible de par le contexte fantaisiste extrêmement favorable dans lequel ils s'inondent et sont largement étirés en longueur (le coup des chaussures, c'est bon, là je crois qu'on a compris).
A l'évidence, on ne peut et on ne doit pas s'attendre à un document sur l'Inde lorsque l'on connaît l'imaginaire du réalisateur. Malgré tout pour que son film fonctionne, Wes Anderson est contraint de pervertir les coutumes et l'originalité du pays. Il en donne une vérité emplie de poésie comme à son habitude, mais dénature les fondements mêmes de toute une société. L'Inde est belle, l'Inde est colorée, l'Inde est joyeuse, l'Inde est accueillante, mais l'Inde est aussi pauvre, mystique et misérable monsieur Anderson. Rabat-joie, moi ? Simplement déçu par la redondance d'un réalisateur qui reste fidèle à lui-même à défaut de se renouveler.
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Publié
le 17/03/2008 par Florent Boucheron
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| Verdict |
Une fable bien rigolote sur l’escapade indienne des restes de la Famille Tenenbaum, originale pour ceux qui ignorent Wes Anderson, géniale pour ceux qui l’adorent. Ca swingue, ça ment, ça n’a pas sa langue dans sa poche, ça accepte, ça s’intéresse, ça se sert les coudes. |
7/10
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