Une jeune cadre dynamique piégée dans le sous-sol d'un parking le soir de Noël. Qui a dit qu'on ne pouvait pas se poiler devant un film d'horreur ?
Mais que s'est-il passé dans la tête d'
Alexandre Aja et de
Grégory Levasseur pour nous pondre un script aussi inepte qui tient largement au dos d'une (petite) boite d'allumettes ? Visant les films d'horreur des années 80 (on pense très souvent à
Terreur sur la ligne), cette série B rate complètement ses objectifs. Tout y est kitsch, tout y est fun à défaut de faire peur. Il était sympathique de la part des deux compères de confier la réalisation à Franck Khalfoun qui avait précédemment travaillé en tant qu'acteur dans
Haute tension, le second long métrage d'
Alexandre Aja, mais là encore, les ambitions ont du être revues à la baisse car si question mise en scène,
Frank Khalfoun ne s'en sort pas trop mal pour un premier film, on a dans le genre quand même vu beaucoup mieux.
L'histoire ? Celle d'une working-girl sortant très tard du bureau dans lequel elle travaille alors qu'elle s'apprête à fêter le réveillon de Noêl avec sa sœur et les enfants de cette dernière. Cela ne vous fait penser à rien ? Cherchez un peu… Oui, c'est ça :
Le Père-Noël est une ordure. Tout comme
Josiane Balasko restait enfermé dans un ascenseur, la pulpeuse Angela va rester bloquée dans un parking. C'est vrai que, pour le personnage interprété par
Rachel Nichols (
Amityville,
The Woods et prochainement
G.I. Joe de
Stephen Sommers) la situation est plus délicate. En effet, au lieu d'être aidée par un collègue de travail aux allures de
Thierry Lhermitte, elle va se faire séquestrer par le vigile du parking, un grand malade (
Wes Bentley vu dans
American beauty) qui visiblement ne se rend pas bien compte de ses actes.
Voilà, c'est tout. Juste une course poursuite d'1h30 avec un
Wes Bentley qui fronce des sourcils pour avoir l'air méchant et une
Rachel Nichols qui se retrouve vite dévêtue (pas tout à fait quand même), laissant aux spectateurs le loisir d'admirer sa merveilleuse plastique. Question gore, une ou deux scènes sont probablement à déconseiller aux âmes sensibles mais alors uniquement à celles qui n'auraient jamais vu un film d'horreur au cinéma. Malgré un manque d'ambition artistique manifeste, le film se suit sans ennui mais avec le sourire aux lèvres. Réinventant le cinéma d'exploitation des eighties,
2ème sous-sol est l'un de ces films qui aurait pu aisément passer en double programme dans une séance de cinéma bis (sans le talent de
Quentin Tarantino ou de
Robert Rodriguez bien évidemment).
Les larmes de
Rachel Nichols appellent nos rires, la naïveté du scénario dont on devine le moindre détail à l'avance nous impressionne. Le pire (ou plutôt le meilleur) est atteint lorsque le psychopathe se met à parler. Les dialogues sont alors d'une drôlerie sans égale (« Pourquoi tu ne veux pas être ma copine ? » crie
Wes Bentley, fou de douleur alors qu'il a essayé de tuer son interlocutrice une demi-douzaine de fois), les 10 dernières minutes sont, malgré elles, irrésistibles et bien que le film soit manifestement raté, on inviterait presque le spectateur à le visionner pour sa jouissive conclusion.
Exercice de style à l'artificialité évidente et aux rebondissements improbables et faciles,
2ème sous-sol à tout pour devenir, aux yeux des amateurs de films d'horreur, un film culte dans quelques années, si d'ici là, on ne l'a pas oublié. On souhaite à
Alexandre Aja et à
Grégory Levasseur d'être plus clairvoyants pour le scénario de
Mirrors avec Jack Bauer (pardon,
Kiefer Sutherland) qui montrera vraiment si le fils d'
Alexandre Arcady, à défaut d'être un bon scénariste (après le remake de
La Colline a des yeux,
Mirrors sera l'adaptation d'un film coréen) est un bon réalisateur. L'avenir devrait nous démonter que oui. En attendant, allez rire à
2ème sous-sol, qui, si il rate totalement le coche, reste un film divertissant à voir, si possible entre amis, histoire de s'en payer une bonne tranche. Absolument pas effrayant, 2ème sous-sol est, malgré son ratage, un film plaisant qui passe sans cesse à coté de ses ambitions mais nous offre en échange un vrai moment de fun.