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Critique : John John |
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Dans les bidonvilles de Manille, une nourrice qui élève un enfant en transit doit s'en séparer pour l'apporter à sa famille adoptive.
Brillante Mendoza, publicitaire de formation, livre un beau film sincèrement touchant avec John John, ou le nom de l'enfant « en transit » dans une famille qui l'a recueillie après qu'il a été abandonné. On suit ici, lors de la journée où il va être transmis à sa famille adoptive, la vie de la femme s'occupant avec soin du petit.
Caméra à l'épaule, le réalisateur nous immerge littéralement au cœur des bidonvilles de Manille sans aucune complaisance ni misérabilisme. Tout respire l'authenticité, des protagonistes à la vie bouillonnante qui s'y déroule, dans des conditions plus que précaires que ce soit du point de vue sanitaire ou économique. Brillante Mendoza arrive avec brio à restituer l'état de pauvreté de ce milieu autant qu'il parvient à nous montrer la chaleur humaine qui y règne. En suivant plus précisément cette nourrice, il dresse un portrait de femme touchant, le personnage devenant vite attachant par ses attitudes et l'interprétation brillante de l'actrice principale.
Véritable ôde à la vie et à l'espérance en nous présentant un peuple miséreux mais plein d'allant, John John arrive à nous montrer beaucoup de choses avec justesse, tout en étant critique sur plusieurs points. Il représente de belle manière le fossé ahurissant qui s'est creusé entre une masse de gens pauvres jouxtant des quartiers « pour touristes » où le luxe qui en jaillit devient presque nauséabond, renvoyant aux indéniables dérives de la société libérale. Le film est brillant par sa capacité à nous montrer les choses sans jamais appuyer la démonstration. Le choc des deux mondes se fait d'ailleurs à la fin du film lorsque l'enfant doit être conduit à sa famille adoptive dans un luxueux hôtel, à travers quelques scènes délicieusement comiques plutôt que plombantes.
Superbe peinture sociale, John John est un drame qui n'est jamais larmoyant mais qui est très immersif, nous transportant réellement au cœur de cette population dans un style quasi-documentaire qui donne au film un bon rythme de croisière tout en étant toujours clair et facile à suivre, Brillante Mendoza semblant bien maîtriser la technique de la caméra portée sans que l'image ne parte dans tous les sens. Le film s'impose au final comme une belle tranche de vie réellement touchante.
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Publié
le 27/02/2008 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Immersion au cœur des bidonvilles de Manille en suivant le parcours touchant d’une mère-nourrice, John John est un film authentique et émouvant. |
8/10
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