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Critique : La Jeune fille et les loups |
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Laetitia Casta, belle et frondeuse dans un film qui souffre bien souvent d'un certain académisme.
Quatre années ont passé depuis le précédent film de Gilles Legrand, le sympathique Malabar Princess qui se déroulait en haut du massif du mont Blanc. Fidèle à ses grands espaces montagneux, le réalisateur nous revient aujourd'hui avec La Jeune fille et les loups qui narre l'histoire d'Angèle, vingt ans, qui au lendemain de la Première Guerre mondiale souhaite devenir vétérinaire. Peu importe qu'elle soit femme et qu'en ces temps éloignés, ces choses là ne se fassent pas, Angèle a la beauté de ses ambitions, son cœur pour atteindre sa passion. Après un accident d'avion, elle se retrouve blessée au beau milieu des montagnes alpines. Heureusement, un homme simple (pour ne pas dire simplet) qui vit retiré avec sa mère et une meute de loups va la sauver. De la mort dans un premier temps puis de la folie des hommes.
Gilles Legrand revendique haut et fort le caractère populaire de son cinéma. En cela, il a raison. Ses films dégagent une fibre romanesque et poétique vers laquelle peu de nos réalisateurs actuels osent s'aventurer (sinon Laurent Boutonnat dans son magnifique Giorgino dans lequel il était déjà question de loups). Malheureusement, contrairement au compositeur-cinéaste, Gilles Legrand, à force de vouloir brasser le public le plus large possible, tombe quelquefois dans une mièvrerie et une naïveté déconcertante. En réalité, à trop tirer sur les bons et grands sentiments, La Jeune fille et les loups risque plutôt d'attirer deux publics bien distincts : les très jeunes et les très âgés. Trop simpliste et « neuneu » pour les plus de 15 ans et leurs aînés, le film se coupe ainsi lui-même de tout un pan de spectateurs habitué soit aux comédies fantastiques, soit aux films psychologiques.
Car pas de psychologie ici. Le film est manichéen (les méchants hommes contre les gentils loups, le maire arriviste et capitaliste contre le sauvage qui s'en remet à la nature et donc à la pureté) et certains propos intéressants qui renvoient à la situation actuelle (problème de sans papiers, extermination de la nature) ne sont que survolés au profit du parcours de l'héroïne. Reste des décors d'une grande beauté qui laissent tout de même un regret amer. Pourquoi La Jeune fille et les loups a-t-il été tourné en numérique et non en scope ce qui aurait donné encore plus d'ampleur aux paysages montagneux ? Les acteurs, quant à eux, font ce qu'ils peuvent mais aussi ce qu'ils veulent.
Si Laetitia Casta apporte toute sa fraîcheur et son charisme au personnage principal, si Jean-Paul Rouve est convaincant dans un rôle qui rappelle celui qu'il tenait dans Monsieur Batignole de Gérard Jugnot, les autres se contentent de rester bien sagement dans leur registre respectif. Patrick Chesnais, qui nous avait surpris avec Je ne suis pas là pour être aimé, retombe dans ses tics de jeu, Michel Galabru est en roue libre malgré son talent, Lorant Deutsch n'arrive pas à faire vivre un personnage très secondaire qu'il aurait été judicieux de développer. Stefano Accorsi est quant à lui convaincant dans un rôle vraiment pas évident qui aurait vite pu tourner à la caricature.
On retiendra quelques seconds rôles qui viennent égayer le tout avec talent : Didier Bénureau (show-man vu dans un nombre incalculable de films depuis le début des années 80 dont Grégoire Moulin contre l'humanité d'Artus de Penguern ou Palais royal ! de Valérie Lemercier) et Laurent Gamelon (le professeur de gym de P.R.O.F.S. de Patrick Schulmann, actuellement à l'affiche du médiocre Ca se soigne ? de Laurent Chouchan). On citera pour finir la superbe musique de Armand Amar (Indigènes, Le Premier cri) qui permet de donner une certaine profondeur au film à moitié convaincant de Gilles Legrand.
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Publié
le 16/02/2008 par Christophe Hachez
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| Verdict |
Une Laetitia Casta attachante, quelques acteurs sympathiques, des décors magnifiques et une musique envoûtante sont les atouts de La jeune fille et les loups qui manque cependant de folie pour convaincre tout à fait. |
6/10
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