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Critique : Le Merveilleux Magasin de Mr. Magorium |
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Si la magie peut apparemment colorier les meubles, elle ne parvient pas à rendre intéressant Mr. Magorium et son magasin.
Avant, Molly (Natalie Portman) était pleine de promesse et un avenir brillant l'attendait. Aujourd'hui elle tient la caisse d'un grand magasin de jouets. Seulement voilà … le propriétaire, Monsieur Magorium (Dustin Hoffman), va bientôt mourir. La preuve : il n'a plus de chaussures en réserve. Pour organiser ses affaires et préparer son grand départ, il fait appel à Henry (Jason Bateman), comptable chargé de remettre de l'ordre dans les 250 ans de trésorerie entassés dans le bureau. Mais au fur et à mesure que le temps passe, le magasin de jouets, qui sent le départ de son propriétaire, se dégrade … Et Molly ne veut même pas reprendre la charge.
Le Merveilleux Magasin de Mr. Magorium est écrit et réalisé par Zach Helm, à qui l'on doit le très bon scénario de L'Incroyable destin de Harold Crick. En plus, on nous annonce de la magie à la louche et un duo d'acteurs prestigieux : Dustin Hoffman et Natalie Portman. Alors bien sûr, nous, pauvres innocents, nous achetons gaiement notre place, espérant au moins un film pour enfants honorable. Erreur ! Abandonnez ici tout espoir, cette niaiserie n'arrivera même pas à toucher les plus jeunes.
Le problème premier du film, c'est qu'il n'a pas de public visé. Bien trop naïf tendance « niaiseux au message sucré » pour plaire aux adultes, la branche d'âge chez les enfants n'est pas non plus très claire : les ados n'y verront rien de séduisant, les très jeunes s'ennuieront sûrement. Le scénario est bâclé et superficiel : ce n'est pas parce qu'on parle d'un endroit magique qu'il faut obligatoirement abandonner toute personnalité chez les personnages ! Le jeune héros du film – à qui le spectateur est sans doute censé s'identifier – manque de consistance ; il n'a pas de vie réelle, pas d'arrière-plan familial, il passe juste ses journées dans le magasin de jouets tout en parlant plutôt bizarrement, et on ne comprend pas ce qu'il fait là ni pourquoi il a tant son mot à dire pendant toute la première moitié du film. Les autres personnages sont vaguement cabotins ; parce qu'ils ont soi-disant gardé leur âme d'enfant, ils se comportent la moitié du temps comme des imbéciles. Mais peut-être devions-nous ressentir une forme de tendresse devant un vieil homme faisant du trampoline dans un magasin de literie ? Ils auraient pu prévenir, on se serait psychologiquement préparé, parce que franchement, c'est dur, dans tout ce fatras, de s'attacher à quiconque. Le seul sentiment qu'on pourrait avoir, c'est de la sympathie pour le pauvre comptable.
C'est bien beau aussi de nous gaver d'objets magiques (oh les avions volent tous seuls, et les balles rebondissantes veulent se faire la malle …), mais il ne fallait pas se contenter de cela : les mobiles de poissons vivants et les balles de 3 mètres de diamètre ne font pas un film s'il n'y a pas une véritable structure derrière. De plus, les seules idées que soutiennent le film (« crois en toi » et « la magie existe vraiment ») ont déjà été de nombreuses fois utilisées, et de façon bien plus intéressantes, ailleurs. Reconnaissons tout de même à Zach Helm une certaine honnêteté, une volonté presque jusqu'au-boutiste de rester jusqu'à la fin du film dans le fantastique niais : chaque scène reste dans le même esprit de merveilleux dégonflé. Et si on peut parfois sourire vaguement, il n'y a pas de tendresse, pas d'étincelle qui nous aurait fait basculer dans l'univers du film. Admettons aussi que certains procédés de réalisation et certains plans sont réussis, qu'il y a quelques bonnes idées – la détérioration du magasin, les notes de piano quand Molly bouge les doigts – et que c'est globalement bien joué. Mais l'ensemble reste terriblement niaiseux et d'une platitude affligeante.
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Publié
le 15/02/2008 par Marie-Ambre Devanlay
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| Verdict |
On était prêt à se perdre dans les rayons du magasin de Mr. Magorium. Inutile de s’y attarder : tout est fade, et le trop plein de niaiserie agace plus qu’autre chose. Sans être foncièrement raté, le film est complètement plat malgré quelques illuminations du côté de la réalisation. Même les enfants n’y trouveront pas leur compte. |
4/10
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