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Critique : Cloverfield |
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Un gros buzz marketing façon J.J. Abrams et voici un des films les plus attendus de ce début d'année.
Les grosses campagnes marketing cachent parfois de mauvaises surprises ou des pétards mouillés à l'intérêt limité (300, Spider-Man 3, Astérix aux Jeux Olympiques). Mais quand c'est J.J. Abrams (Lost, les disparus, Mi:III) qui tire les ficelles en coulisses, le résultat est tout autre. Cela dit, rendons à César ce qui lui appartient. Même si le créateur d'Alias s'est allié aux scénaristes de Lost, les disparus, il faut souligner la réalisation très bonne de ce Cloverfield, que l'on doit à Matt Reeves. Pour rappel, le long-métrage raconte l'attaque d'un monstre à New-York à travers la caméra d'un étudiant (Concept déjà connu avec le Projet Blair Witch, qui préférait la suggestion à l'action).
Le film a été conçu d'une façon assez originale, et place le spectateur dans le rôle d'une sorte de témoin, ou d'un explorateur devant le film survivant d'un conflit passé. Cloverfield est montré comme un document d'archive, une cassette secrète de l'armée US, classée en tant que preuve de la catastrophe. L'immersion peut commencer. Les vingt premières minutes nous présentent une demi-douzaine de personnages lors d'une soirée d'étudiants. L'immersion, maître mot du film, est totale, on vit la soirée comme si on y était, et on découvre efficacement les prochains protagonistes et leur personnalité. On regrettera juste que les étudiants en question reflètent une jeunesse américaine qui a tout réussi, belle, pimpante et ultra branchée. Quelques bouts de films anciens mal effacés sur la cassette nous permettent de mettre un pied dans le passé du personnage principal. Concept intéressant et encore une fois, original et immersif.
Après les présentations et quelques enjeux installés, des tremblements de terre et des explosions assaillent la ville. Le seul point de vue du spectateur est celui de la caméra, et donc des personnages. Panique, interrogations, et la tête de la statue de la liberté en bas de l'immeuble. S'ensuit une course poursuite à travers la ville pour survivre et rejoindre les siens. Le style de la réalisation est brut, et toute notion cinématographique est bouleversée, il ne faut donc pas s'attendre à voir des plans réglés au millimètre, des travellings, etc. De la même manière, aucune bande-originale n'a été créée pour Cloverfield, soucis d'immersion oblige, et c'est tant mieux.
Cependant, malgré ce style caméra au poing (parfois un peu dérangeant, ça bouge dans tous les sens, et on voit souvent le sol), il faut souligner la mise en scène très bonne, que ce soit dans certains cadrages ou dans l'éclairage des scènes, qui rend les situations très intenses. La scène du métro est excellente, on s'y croirait, et de la même manière, celle où les militaires ont improvisé un centre médical est très réussie. Pas de fausse note non plus au niveau des acteurs, pas de surjeu, c'est là l'essentiel. Le buzz consistant à ne pas montrer la bête, je vous laisserais donc le plaisir de la découvrir en même temps que les personnages dans la salle, elle est juste très réussie, mais n'est pas vraiment au cœur du film, le sujet étant la survie des protagonistes. Cloverfield dure environ une heure trente, soit le temps réel vécu par les personnages, à part deux ou trois petites ellipses. Le rythme est soutenu et dans l'ensemble maîtrisé, malgré quelques mini-longueurs qui ne viennent en aucun cas entacher l'expérience du film.
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Publié
le 31/01/2008 par Sébastien Sosa
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| Verdict |
Cloverfield donne une nouvelle approche du film de monstre, du film de survie, sous la forme d’un témoignage amateur au cœur de l’action. Original, très bien mis en scène, immersif et percutant, voilà ce qui caractérise le nouveau film de Matt Reeves, une nouvelle expérience avec sensations fortes garanties. |
8/10
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