Le blockbuster gaulois de l'année débarque sur plus de mille écrans en France. Presque autant de raisons de ne pas aller le voir.
Impossible d'éviter le mastodonte marketing que représente Astérix aux Jeux Olympiques. Alors plongeons tête baissée dans le phénomène, et essayons de voir ce qu'il en retourne. Une pléïade de guests nous dit-on. Un budget faramineux. Des moyens colossaux. Des gags à profusion. Soit, mais revenons à la réalité. Le film est dirigé par Thomas Langmann et Frédéric Forestier, d'après un scénario d'Olivier Dazat, Alexandre Charlot, Franck Magnier et à nouveau Thomas Langmann, inspiré par la BD d'Uderzo et Goscinny. Le pitch, Astérix et Obélix participent aux Jeux Olympiques pour permettre à leur ami Alafolix d'épouser la belle Irina.
Ce genre de comédie est un prétexte à une suite de gags plus ou moins loufoques, comme l'a très bien fait Alain Chabat et son Mission Cléopâtre au style très personnel, en tirant parti de la qualité et des spécificités des comédiens. Dans ces Jeux Olympiques, nous n'avons plus affaire à des acteurs, mais à des guest stars, qui remplissent le générique et pataugent dans leurs répliques relativement minables. Adriana Karembeu, Michael Schumacher, Zizou, Francis Lalanne, Amélie Mauresmo, Tony Parker, etc. Cela dit, il y a aussi de vrais bon acteurs, Clovis Cornillac enfile parfaitement le costume d'Astérix, et Gérard Depardieu renfile aussi bien celui d'Obélix, bien que le duo gaulois reste discret. Un bon José Garcia par ici, un bon Elie Semoun par là, un anecdotique Alexandre Astier de l'autre côté. N'oublions pas non plus Benoît Poelvoorde, qui porte l'intrigue sur ses épaules et qui en fait beaucoup trop, et également « la participation exceptionnelle d'Alain Delon », qui a pris son rôle très au sérieux, avec son nom encadré et souligné dans les génériques de début et de fin. En outre, une jolie façade et pas grand-chose derrière.
Il faut avouer que le film de presque deux heures se regarde assez difficilement, à cause d'une intrigue mal ficelée, dénuée d'intérêt, aux gags lourdingues et à l'humour « bac à sable » : pour rire, on repassera. Stéphane Rousseau qui tombe dans une flaque, Brutus qui s'écrase l'entrejambe et Alain Delon qui parle à son reflet. Voilà à quoi il faut s'attendre, en sachant que la plupart des gros gags ont été vus dans la bande-annonce, et c'était déjà pas bien drôle. Le réalisateur a souhaité un « humour universel », c'est sûr qu'avec ça, Astérix aux Jeux Olympiques peut s'exporter dans toute l'Europe, et peut-être faire rire les moins de cinq ans.
« Avé moi » et « je te ferai écarteler » sont en gros les seuls pauvres dialogues qui comblent ces deux longues heures. A part quelques rares répliques, c'est très limité. Au niveau de la construction, on n'appelle plus ça des séquences, mais des scénettes ou sketchs qui se succèdent sans lien apparent. Les seuls moments drôles de ce trop long-métrage reviennent aux courtes apparitions de Frank Dubosc, qui dans son rôle d'Assurancetourix, reprend le personnage qu'il campait déjà dans son spectacle, alors pour peu qu'on soit allergique au comédien... La réalisation veut faire dans le spectaculaire, et filme le très cher stade olympique sous tous les angles. La 3D inonde chacun des plans, avec incrustation de tous les côtés : plus d'un an de post-production pour ce résultat, malgré quelques effets réussis, on peut dire que c'est assez faible. Le film avait pourtant un énorme potentiel ; c'est là une perte de temps et d'argent, c'est dommage.
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