Josh Brolin trouve une mallette qu'il aurait mieux fait de ne pas trouver et se trouve pris en chasse par Javier Bardem. Les frères Coen au summum de leur forme.
On avait laissé les frères Coen avec
Intolérable cruauté et
Ladykillers, deux films sympathiques mais qui étaient tout de même loin du niveau d'un
O'Brother,
The Big Lebowski ou
Fargo. Avec
No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme , on peut dire qu'ils réalisent là un de leur tout meilleur film. On y suit donc principalement le personnage de
Josh Brolin, vétéran du Vietnam, qui trouve sur les lieux d'une fusillade une mallette pleine d'argent. Il décide de la prendre sans se douter qu'un dangereux tueur psychopathe, incarné par
Javier Bardem, va le prendre en chasse afin de la récupérer. Commence alors une traque infernale, au sein de laquelle on trouve en parallèle un vieux shérif dépassé par les évènements, joué par
Tommy Lee Jones.
En adaptant le roman de
Cormack McCarthy, les frères Coen livrent un film où ils tirent le meilleur d'eux-mêmes, dans lequel on retrouve tous les ingrédients qui ont fait leur renommée, savamment mélangés ici dans un gouleyant festin. En effet, l'art d'allier polar sombre et brutal et humour percutant aura rarement été aussi maîtrisé qu'ici, les réalisateurs nous proposant une folle chasse à l'homme éreintante où la violence se fait froide et sanglante, avec comme moteur de fascination la prestation ahurissante d'un
Javier Bardem réellement inquiétant et charismatique, dont le personnage est à placer au panthéon des tueurs psychotiques vus sur grand écran.
Le festin cinématographique est intense grâce au dosage parfait entre cette violence sans fard et un humour noir grinçant, procurant au spectateur toute une tempête d'émotion en le faisant passer du rire le plus franc à l'effroi le plus total, et cela sans jamais tomber dans le ridicule. Les frères Coen font preuve d'un sens du rythme quasi-parfait qui ne laisse pas le temps au spectateur de respirer. Le film est porté par une très belle photographie, et l'enchaînement de scènes et de rebondissements est vraiment très bien amené, sans oublier les dialogues finement ciselés qui ont de quoi rendre grandement jaloux l'expert en la matière
Quentin Tarantino.
On ne le répètera jamais assez, mais la force de ce film est due en grande partie à la prestation d'un
Javier Bardem qui n'a pas volé son Golden Globe, incarnant à merveille ce tueur au flegme certain qui contraste avec l'extrême violence des crimes qu'il commet sans jamais sourciller, telle une machine non éloignée du terminator. Il a face à lui un
Josh Brolin également en grande forme dans le rôle de ce type qui s'accroche coûte que coûte à ce qu'il a trouvé, quitte à laisser sa femme et à prendre des risques insensés. En parallèle à cette course-poursuite,
Tommy Lee Jones est un des ces « old men », dépassé par l'évolution de la société et l'extrême violence qu'utilisent désormais les criminels, qui n'ont plus aucun honneur. Par ce procédé, les frères Coen fustigent de belle manière grâce à un scénario ingénieux la banalisation de la violence dans une société en manque de repères, tout en pointant du doigt la relative question du sens de notre existence, qui semble parfois nous échapper. Toujours maîtres de leur film, ils livrent deux heures de bobine purement jouissives et font de ce
No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme un petit bijou à voir et à revoir. Au sommet de leur art, les frères Coen livrent un polar noir violent, haletant et très souvent drôle. Des ingrédients parfaitement assemblés pour 2 heures de pur bonheur.