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Critique : Triangle |
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Les réalisateurs Tsui Hark, Johnnie To et Ringo Lam s'associent pour livrer le polar hongkongais déjanté Triangle.
Après 3 extrêmes qui avait associé Park Chan-Wook, Takashi Miike et Fruit Chan, l'Extrême-Orient nous révèle un nouveau projet collectif des plus excitants. Loin du cinéma horrifique, c'est cette fois trois pointures du polar hongkongais qui s'allient. On ne présente plus Tsui Hark, réalisateur historique de la région et ancien compère de John Woo, ni le prolifique Johnnie To, le cinéaste le plus en vue actuellement avec dernièrement Exilé et le dyptique Election. Ils sont rejoints par Ringo Lam, qui alterne maintenant entre productions asiatiques et direct-to-video avec Jean-Claude Van Damme. Cette fois, ils décident de travailler sur une seule histoire, chacun réalisant un tiers du film sans s'occuper de ce qu'a fait l'autre. Sam, Fai et Mok, trois amis losers qui cherchent à tout prix à se faire de l'argent. Suite à une piste donnée par un homme mystérieux, ils se retrouvent à la poursuite d'une antiquité d'une valeur inestimable. En plus des liens de Fai avec la mafia locale, l'affaire se complique à cause de la femme de Sam qui le trompe avec un policier.
A partir de cette histoire folle écrite par cinq scénaristes, les trois réalisateurs se font plaisir et imposent leur marque. Tsui Hark hérite du premier tiers, malheureusement dépourvu de gros gun fight. N'ayant plus réalisé de polar depuis Time and Tide en 2000, il lance le film sur un rythme infernal. Il multiplie les ellipses et monte d'une façon si dynamique les péripéties des trois amis et en parallèle l'histoire des amants qu'on a l'impression qu'il ferait rentrer une dizaine d'histoires policières dans les 1h40 du film. On retrouve aussi avec plaisir la grande classe de ses cadres penchés. Si on a du mal à suivre l'histoire totalement folle par moment, on est emballé par l'énergie qu'insuffle Tsui Hark. C'est un peu moins le cas pour la partie suivante, réalisée par Ringo Lam. Clairement le nom le moins impressionnant sur le papier, il représente une sorte de ventre mou stylistique dans ce Triangle. Une fois passée l'exposition, il déroule l'histoire plus tranquillement et marque beaucoup moins l'esprit du spectateur. Seuls quelques effets assez kitsch montrent un réel parti-pris.
Johnnie To conclut le film avec la claire volonté de prendre l'œuvre à son compte. Il met l'histoire en pause pour livrer deux moments d'anthologie entre la tension du polar et le second degré tout fait léonien qu'il avait déjà expérimenté dans Exilé. Parmi les seules scènes qui se déroulent de nuit, on sent que le réalisateur, qui produit comme ses deux comparses, a de la suite dans les idées puisqu'il a fait engager son directeur de la photographie fétiche. Il reconstitue ainsi une image proche de celle d'Exilé, entièrement entre les teintes orange et bleue. Il fait encore plus basculer le film dans un plaisir de réalisation avec ces deux scènes où il montre son sens du cadre et du montage.
Sorte de polar hongkongais bis, Triangle se vit comme un fantasme de trois réalisateurs qui ont décidé d'exploser les limites d'un genre qu'ils pratiquent depuis des années. Totalement foutraque, le film vaut surtout pour la réalisation totalement folle de Tsui Hark et les moments d'anthologie amenés par Johnnie To plus que comme une œuvre à part entière.
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Publié
le 19/01/2008 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Triangle est un pur plaisir de réalisateur qui décontenance son spectateur par son aspect totalement foutraque. |
7/10
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