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Critique : Into the wild |
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Emile Hirsch, espoir montant du cinéma américain depuis Alpha Dog, et Sean Penn, futur président du festival de Cannes, forment le duo gagnant d'Into the wild, ode à la nature sur la découverte de soi.
Into the wild se caractérise par le mélange de plusieurs genres. On aborde en effet les thèmes du biopic, puisque l'histoire du film se base sur le destin réel d'un jeune américain, mais on retrouve aussi les codes du métrage d'aventure et des soupçons de road movie pour faire au final une œuvre sur la quête de soi même. Durant 2 heures 27 qui passent à une vitesse folle, on suit le chemin emprunté par Christopher McCandless. Ce dernier, habitant en Virginie, décide à l'été 1990, quelques jours à peine après avoir obtenu son diplôme universitaire, de faire don de toutes ses économies à un organisme de charité et de quitter sans mot dire sa sœur et ses parents pour prendre le chemin de l'Alaska. À bord de sa vieille bagnole en premier lieu, puis, lorsque cette dernière l'abandonne, avec ce qui se présente. Au fil de sa route, Christopher, qui a troqué son patronyme pour celui de Supertramp, obtient quelques petits boulots alimentaires et fait plusieurs rencontres, dont la plus marquante sera celle d'un couple de hippies voyageant à bord d'une roulotte. Après plus d'une année d'errance, le jeune homme, en rébellion contre ses parents sans nouvelles de lui, débarque enfin en Alaska, où il squatte un vieil autobus rouillé abandonné en pleine campagne.
Si une chose frappe immédiatement, c'est la force des images qu'a su instiller Sean Penn à son œuvre. La photographie est remarquable. Les grands espaces de l'Amérique, avec en point d'orgue une Alaska sublimée, ne peuvent laisser le spectateur insensible face à tant de beauté naturelle. Le metteur en scène a parfaitement su éviter le piège de la contemplation à outrance, ne perdant pas de vue que l'atout premier de son film est son jeune héros à la recherche de lui-même, errant à travers ces étendues perdues. Si la nature peut être apaisante, un régal pour les yeux, elle n'en est pas moins dangereuse, pouvant se révéler un adversaire redoutable pour quelqu'un qui n'est pas habitué à la côtoyer. En cela Sean Penn a parfaitement su s'adapter pour donner une variation de ton suivant les péripéties que rencontre le jeune homme. Plan rapproché, caméra mobile lorsque les éléments se déchainent, et objectif en retrait lorsque les choses se tassent pour revenir à la normale.
L'autre force d'Into the wild est son scénario, adapté de faits réels. Il parvient à maintenir l'intérêt du spectateur en éveil tout au long des deux heures et demie. C'est possible car les thèmes abordés sont nombreux, tout comme les genres : l'aventure et le danger sont au rendez vous, la romance se laisse entrevoir, l'humour n'est pas loin et tous ces éléments s'imbriquent à merveille pour faire un ensemble cohérent sur l'objectif premier du héros, savoir qui il est vraiment à l'intérieur de lui-même. Into the wild pose avant tout les bonnes questions, en montrant un jeune étudiant brillant à l'avenir tout tracé qui décide contre toute attente de choisir une autre route à laquelle le prédestinait la société dans laquelle il a grandit. Après avoir vu ce cheminement, on ne peut que réfléchir à notre tour.
Enfin, si Sean Penn avait déjà montré de belles propensions à la réalisation qu'il confirme sans surprise avec cette œuvre, celui qui se révèle grandiose c'est Emile Hirsch. Démontrant un potentiel intéressant dans Alpha Dog, il crève ici littéralement l'écran dans le rôle de Christopher McCandless.
En effet, bien souvent seul devant la caméra, il porte le film sur ses épaules, montrant à merveille un jeune homme assumant ses choix tout en étant effrayé par le doute, par l'inconnu, mais convaincu qu'il ne pouvait en être autrement pour réellement savoir ce que c'est de vivre. Selon la presse américaine la performance d'Emile Hirsch en fait un outsider sérieux pour les nominations à l'oscar du meilleur acteur.
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Publié
le 12/01/2008 par Christopher Wack
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| Verdict |
Film incontestablement marquant sur le destin d’un jeune américain à la recherche de son idéal. Sean Penn frise le chef d’œuvre et offre à Emile Hirsch l’occasion de se sublimer devant la caméra. |
9/10
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